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Nr. 00220- 12 oct., 2017 – Weekly Newspaper devoted to Science & T Pour la promotion de l'esprit scientifique en Afrique

Chauds échanges sur le forum: Certaines danses africaines, tout comme certaines langues, disparaitront

Les échanges ci-après ont eu lieu entre les 24 et 25 juillet 2017. Ils portent sur le devenir des rythmes traditionnels et les langues africaines. Deux points de vue se confrontent.

Photo: Musée historique d’Abomey

Réponse au message 2

Bonjour,

Merci de répondre à mon message. Je voudrais tout d’abord te faire savoir que j’apprécie que tu t’efforces d’opposer à mon point de vue plutôt des arguments. C’est un effort apprécié,  et je dois me rendre compte du fait que face au même problème, d’autres choisissent la fuite en avant ou le refus de l’argumentation tout court. À ton actif, tu évoques un universitaire à la carrière incontestablement éloquente. Tu te demandes pourquoi je ne lui ai pas adressé mes questions en temps opportun.

En guise de réponse, je te dirais que c’est justement parce que je trouvais mes réponses dans son discours. Des questions posées par les autres compatriotes, je pouvais avoir la réponse à bon nombre de mes préoccupations.

Ceci dit, je peux comprendre la peine de toute personne qui me lis sur un sujet aussi sensible. Je comprends les larmes de ceux qui ont peur de voir disparaitre des éléments précieux de notre patrimoine. Mais, je regrette de te le faire savoir, une fois encore : le makossa, le ndombolo, le mapouka, etc., disparaitront, s’ils ne relèvent pas le défi de la modernité, le défi du temps. C’est ce que je m’efforce de faire comprendre à qui nous lit. Ce n’est pas une affaire d’ethnie ou de race. C’est une question purement sociologique.

En guise d’illustration, je te fais part du lien ci-après : Danse de la Renaissance

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Danse_de_la_Renaissance

 Ces danses ont disparu. C’est le même sort qui attend tout rythme musical qui perd le fil du temps. Le disco music, le rock,& Roll, ect. Tout rythme qui ne s’adapte pas au temps disparaitra.

 De même, toute langue qui ne relève pas le défi de son ère disparaitra, ou encore, se réduira au statut de langue morte. Comme le latin. Beaucoup de langues Bamileke, en commençant par le medumba, sont menacées. Selon moi, la menace est terrifiante. Cette langue glisse vers la disparition. Le renouveau que représente le Benskin réussira-t-il à la maintenir en vie pour longtemps ?????? Suis pas si sûr ! Car, la langue française et le Pindjin sont peut-être en voie de prendre leur place dans ce rythme qui s’appelle « Benskin», Inutile de préciser que ceci n’est pas un mot Medumba. « Benskin give tchop for massa » n’est pas une expressive en langue de MVeun Gâah. Ceci est un constat.

Ci-après une liste des langues mortes :Liste de langues mortes par famille

Source : Liste de langues mortes par famille — Wikipédia

 Sur ce, je soutiens une fois encore que le Laahli, le Mehoum, et autres ne survivront pas au temps s’ils ne relèvent pas le defi de la modernité, ils disparaitront. Pour ma propre conviction, je doute très fort que les danseurs de ces rythmes soient à la hauteur d’un tel défi intellectuel. Le laahli restera coincé quelque part dans les associations ethniques des citées urbaines, véhiculera une culture politique paroissiale, dans un texte grammaticalement bancal, puisque les chanteur parlent trop mal la langue. Le texte sera forcement pauvre, ne reflétant que que la capacité créative des artistes qui les animent. etc.Certes, la version originale demeurera à Bamena et environs. Toutefois, ces contrées n’échapperont pas à l’urbanisation et aux vents époustouflants de la mondialisation. Rien n’exclut le fait que la prochaine usine de production de quoi je ne sais sera installée à Balengou par une multinationale chinoise, et que la main d’oeuvre importée de chine peuplera la region, avec les conséquences démographiques que nous pouvons imaginer. Peut-etre que d’ici deux générations, le chef superieur des parlant Medumba, des Balengou ou Bamena sera de descendance chinoise ou indo-pakistanaise.

Quant à la danse Mehououm, il restera là où il est actuellement, c’est-a`-dire une affaires d’une minorité de narcissiques dans la misère. Le Nkoughan par contre ne disparaitra pas si vite. Sa vocation est minoritaire. Elle n’a pas de destination Grand public. Ne disparaitra surement pas, aussi longtemps qu’une poignée d’éléments survivra. Mais que sera sa valeur symbolique ????

Tout ceci pour te dire chere  Lydie, c’est peut-être parce que je crois y comprendre quelque chose que je te fais part de mes points de vue alarmants.

Je ne vois rien de brillant à l’horizon.

Un bonjour très chaleureux.

 LJ

   
  Liste de langues mortes par famille — Wikipédia  

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Message 2, posté en réponse au message 1

Salut Menla’ah,


« Sur le Lahli, le Nkoughan et autres, de toute évidence, la disparition me parait certaine, s’ils ne relèvent pas le défi de la modernité »

Lorsque nous préparions la venue du Prof. Bitja’a Kody au mois d’avril dernier, tu avais promis envoyé tes questions. Bizarrement tu ne l’as pas fait; Dans le communiqué annonçant sa venue, il nous avait envoyé son interview publiée dans les colonnes du journal Le Panafricain plus et j’avais fait exprès de publier sur camer.be un des extraits.

http://www.camer.be/59170/11:1/allemagne-hamburg-wohldorfer-str-30-22081-09-april-2017-16-30-00-causerie-avec-le-prof-bitjaa-kody-sur-le-multiculturalisme-multilinguisme-au-cameroun-germany.html

 Warum kannst Du Deine Fragen nicht richtig stellen anstelle zu spekulieren?

Tu penses qu’on enseigne quoi dans le cours de cultures nationales au pays, classes de 6ème – 3ème?

As-tu déjà assisté à la journée des langues et cultures nationales qu’on organise chaque année autour du 21 février…?

 Tu te bases sur quoi pour tenir de telle affirmation!?

Une fois de plus sors du froid pour aller dans le chaud…

 À titre de rappel, le kougan (l’une des danses patrimoniales) dans la région de l’ouest est une danse sacrée réservées aux initiés et certaines personnes….

PS: Tous les Profs du domaine des Études africaines (Douala, Dschang, Yaoundé) ont rédigé plusieurs ouvrages. Certains sont déjà en phase d’application directe.

Faire leur directement des commandes de livres et tu découvriras….Tu peux contacter le Prof. Assoumou, il m’a présentée plusieurs de ses livres écrits avec d’autres Professeurs. L’un des livres est sur l’économie culturelle…

Le Prof. Mba et Prof. Sadembouo m’ont offert l’autre jour le livre sur l’atlas linguistique du Cameroun, tome 1 : Inventaires des langues, dont le directeur de publication est le Prof Charles Binam Bikoi.

Question: Faut-il tout moderniser!? Faut -il inventer/créer d’autres?

Gruß…

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 Extrait du message 1.

Bonjour

Sur le Lahli, le Nkoughan et autres, de toute évidence, la disparition me parait certaine, s’ils ne relèvent pas le défi de la modernité. Et ils ne se modernisent que trop trop péniblement. Je suis tout simplement souple dans mon propos. Encore faudrait-il que les danseurs desdits rythmes aient de quoi manger et que les hôpitaux locaux aient suffisamment de médecins et de médicaments. Sinon……

 Mes excuses si je te choques par mes déclarations. Mais, je ne te transmets que des faits. Ces rythmes sont menacés de disparition.

 A plus

 JL.

LJ.

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