Comment coopérer à profit? L’exemple de la coopération entre des enseignants allemands et camerounais.
La coopération pour le développement est aujourd’hui vertement critiquée (et à raison!) pour son inefficacité face au défi de la réduction de la pauvreté dans les États en développement. Les modèles de coopération proposés par la Banque Mondiale et autres institution intergouvernementales sont remis en cause par la recrudescence de la pauvreté et surtout l’écart de revenus sans cesse grandissant entre les riches et les couches sociales les plus démunies des sociétés du sud. Parmi les obstacles le plus souvent évoqués par la littérature scientifique figurent la lourdeur bureaucratique des agences de développement et le peu de transparence dans la gestion des fonds alloués. Toute chose que le modèle de coopération interprofessionnelle actuellement en marche au sein d’un syndicat allemand des enseignants semble corriger efficacement.
GEW – Die Bildungsgewerkschaft
En effet, depuis quelques années, dans le cadre des activités de leur syndicat, un groupe de professeurs des lycées et collèges d’Allemagne effectue des voyages d’études et d’échanges en Afrique. À ces occasions, ces professionnels affiliés à la section régionale de la Hesse du syndicat «Gewerkschaft Erziehung und Wissenschaft» (traduction : Syndicat de l’Education et la Science) rencontrent leurs collègues d’Afrique, apprennent sur le système éducatif local, leur présentent le système éducatif allemand et nouent des relations de travail mutuellement bénéfiques. Des délégations d’enseignants allemands ont à ce jour visité de nombreux pays. Du 12 au 25 Octobre 2012 par exemple, sous la conduite de Madame Maria Ébobissè, professeure dans un collège d’enseignement secondaire de la région de Francfort sur le Maine, une délégation d’enseignants a séjourné au Cameroun (Afrique centrale). Outre le tour des écoles et des institutions culturelles, la visite des lieux historiques d’importance aussi bien pour l’ancienne puissance coloniale (l’Allemagne) que pour l’État postcolonial (le Cameroun) occupait une bonne place dans leur agenda. C’était l’occasion pour les professionnels de l’éducation deux pays de discuter de l’histoire commune entre les deux peuples, d’échanger sur leurs conditions de travail, d’envisager des possibilités de coopération interprofessionnelle, etc.
Un modèle à promouvoir
L’Allemagne étant devenue un Etat d’immigration malgré le refus de certaines autorités gouvernementales à admettre cette évidence, ce modèle de coopération présente un avantage tout particulier: il permet aux éducateurs allemands de comprendre le système éducatif de l’État d’où sont originaires bon nombre de leurs élèves et étudiants. Mieux encore, il permet aussi aux éducateurs allemands de prendre connaissance du moule éducatif dans lequel sont issus bon nombre de leurs collègues et autres cadres de la société civile allemande. Une telle compréhension est indispensable à une meilleure définition des politiques d’accueil et d’intégration des immigrants en général, particulièrement ceux encore en âge scolaire. Un bilan de la récente visite de la délégation conduite par Madame Maria Ebobissè est disponible au lien suivant : http://www.gew.de/Bildungsreise_nach_Kamerun.html
56th Annual Meeting of the African Studies Association: November 21-24, 2013 (USA) Plaidoyer pour un terme générique désignant la haine et les préjugés à l’égard des Noirs : «Afrophobie»
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