La transgression au sommet de l’Etat centrafricain: Analyse psychologique de la substitution des conseils d’administration entreprises publiques et semi publiques par le Cssreop
En résumé: En prenant la décision de se porter à la tête de toutes les entreprises publiques de la RCA comme Président du Cssreop, le Chef de l’Etat François Bozizé a fait certainement rire ceux là qui n’ont de cesse de ne lire les actes des dirigeants africains au premier niveau.
Dans cet article, nous tentons de situer l’acte du Président dans le contexte socioculturel et politico-économique de son pays, à mettre en exergue les mobiles (raisons) ayant sous tendu un tel engagement si tant est vrai que, la recherche de l’orthodoxie managériale dans les entreprises publiques, ainsi que la projection vers l’émergence, appellent à des décisions pragmatistes au sens de William James l’américain.
Mots-clés : RCA, entreprise publique, CA, bonne gouvernance, transgression.
INTRODUCTION GÉNÉRALE
La République Centrafricaine (RCA) est un Etat de l’Afrique centrale, au cœur du continent. Elle se situe juste au dessus de l’Equateur et s’étend du 2° au 11° parallèle nord et du 13° au 27° méridien est. Sa superficie est de 620 000km2 pour une population de 4303 356 millions d’habitants. Son taux de croissance démographique annuel de l’ordre de 2%. Seulement, la densité moyenne est particulièrement faible soit 4 habitants au Km2. Pour les milieux avec une terre arable, cette densité est de 50 habitants au Km2. Dans l’ensemble, cette population est inégalement répartie à travers le pays. Bangui la capitale compte 623.000 habitants puis suivent respectivement : les préfectures de l’Oubam-Pendé (430 000 hbts), de l’Ouham (369 000) et Mambéré-Kadeï (365 000). La langue officielle est le français même si le Sango reste la langue nationale la plus parlée. Globalement, la population concentre les pygmées (premiers occupants) et par des Bantous (Baya et Banda) qui sont le fruit des mouvements humains venant du Soudan à la fuite des traites esclavagistes.
Ses voisins les plus proches avec lesquels elle partage des frontières sont au nord, la République du Tchad (1197km), au sud, les républiques sœurs du Congo (467km) et la RDC (1577 km), à l’est le Souda (1165 km) et à l’ouest, le Cameroun (797 km). Sa capitale politique est Bangui. Pays de forêts et de savanes, la RCA n’a pas accès directement sur la mer. C’est grâce aux ports de Douala au Cameroun et celui de Pointe-Noire (Congo), tous deux situés à plus de 1500 km de Bangui qu’elle assure le transit pour ce qui est de ses échanges.
Pays doté de ressources naturelles (diamants, bois, uranium)[2], des terres riches et de ressources énormes, renouvelables et extractives, force est de reconnaître paradoxalement que la RCA a une économie de subsistance. Particulièrement, cette économie est à cheval entre d’une part, l’agriculture dominée par une culture vivrière adossée sur le mil, le maïs et le manioc, l’agriculture d’exportation prenant appui sur le coton et le café et d’autre part, l’exploitation de ses ressources naturelles. En clair, le secteur primaire où prédominent l’agriculture, l’élevage, les forêts, la chasse et la pêche représente près de 55% du PIB national. D’ailleurs, 80% de la population vit de cette agriculture de subsistance au sens large du terme.
La question religieuse est réglée par le couple christianisme (fortement majoritaire) et l’Islam. C’est dire que les questions d’intégrisme ne sont pas au rendez-vous dans ce pays.
Institutionnellement parlant, la RCA est indépendante en 1960 avec David Dacko comme premier président. Seulement, la RCA s’est avérée au fil du temps comme une poudrière. Son histoire est jalonnée de coups de force militaires depuis le milieu des années 60 et, l’accalmie actuelle est loin d’être si rassurante. Outre la période multipartiste qui commence en 1991 et se solde par des élections plurielles qui voient arriver Ange Philippe Patassé de regrettée mémoire, le pays va à nouveau sombrer en 1996. En effet, une série de mutineries consacre l’existence d’une crise militaire aux conséquences difficiles pour le pays. Après 13années de démocratie, la crise militaire finit par aboutir sur un nième coup de force en 2003. Le Président réélu de 1999 est renversé par le Général François Bozizé. Avec un certain tact, il a fini par tronquer l’uniforme militaire pour se muer en homme politique. A présent, la RCA est effectivement dirigée par le Général Président, Son Excellence Monsieur François BOZIZE. En guise de rappel, revoyons par ordre chronologique, la succession des coups de forces militaires.
[1] Cssreop: Conseil spécial de surveillance et de redressement des entreprises et offices publics.
[2] Il faut signaler que la RCA occupe le cinquième rang mondial en termes de production de diamant (environ 500 000 carats par an)
L’article complet est disponible à: Georges MBOE- Article-Analyse de la transgression en RCA- Aout 20 12
Auteur:
Gustave Georges MBOE Psychologue Enseignant-Chercheur (ATER) à l’Université de Yaoundé I Cameroun Email: mboegeorges@yahoo.frLivre: Barack Obama, De l’Interrogation à l’Admiration. Par Jean-Emmanuel PONDI Le Droit moderne en souffrance? Zoom sur les simili-Huissiers de Justice: état des lieux des juridictions traditionnelles
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