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Nr. 00272- Nov. 18th, 2025 – Weekly Newspaper devoted to Science & Technology in Africa ** Pour la promotion de l'esprit scientifique en Afrique

Femme Africaine et Décision politique: Participation ou Exclusion?

Les temps changent. Le monde aussi. Longtemps demeurée le champ exclusif des hommes, l’arène politique s’ouvre lentement aux femmes. Depuis 2005 par exemple, la République Fédérale d’Allemagne qui est l’une des puissances dominantes de notre planète est gouvernée par une femme: Madame Angela Merkel. Elle est d’ailleurs la toute première femme à occuper le poste de Chancelier, c’est-à-dire de chef de l’Exécutif. Il y a quelques jours, le peuple québécois se dotait d’une femme comme Premier Ministre, la toute première dans l’histoire du Canada Francophone.  L’Afrique, s’inscrit-elle dans la mouvance du temps qui change? La femme, participe-t-elle effectivement à la prise de décision politique? L’universitaire Gustave Georges MBOE nous livre son point de vue sur le sujet.

Photo: Madame  Nkosazana Dlamini-Zuma, nouvelle Patron de l’Union Africaine.

**********

FEMME AFRICAINE ET PARTICIPATION A LA VIE POLITIQUE ET LA PRISE DE DÉCISION :

Le cas du Cameroun dans les domaines de la politique et la gestion publique

Parler de participation de la femme à la vie politique et à la prise de décision, en Afrique en général et au Cameroun en particulier, sous entend à l’avance que, certaines préalables aient été réunis et connus clairement tel que : création d’un environnement propice à l’épanouissement des femmes ; amélioration de leur bien-être ; élimination des préjugés sexistes. Seulement, sur le terrain africain, autant on peut se féliciter de l’intention (que le politique entretient au fil des années à travers la ratification d’une panoplie de conventions internationales) autant on reste dubitatif face à la réalité qui crève l’œil.

Doté des ressources abondantes aux plans naturel, humain et culturel, le continent africain reste paradoxalement coincé à l’arrière train du développement mondial. La femme, personne centrale et présente en quantité industrielle, reste fortement frappée de nanisme dans les 4/5èmes  des régions de l’Afrique dans bien de domaines et particulièrement dans ceux de la vie politique et surtout de la gestion des affaires publiques ; nombreuses de femmes africaines sont défavorisées ; frappées d’analphabétisme ; manquent de formation ; incapables de satisfaire leurs ambitions légitimes. En effet, la participation des femmes africaines aux prises de décisions politiques et sociales reste et demeure  à l’évidence, l’un des enjeux prioritaires de la lutte pour plus d’égalité, de parité voire de mixité qui pourtant, se veut comme exigence du développement à l’heure actuelle. Des panoplies de conventions conçues et soumises à l’adhésion du monde et à l’échelle africaine, en vue de la prise en compte des questions de parité, d’implication de la femme dans la vie politico-sociale et économico culturelle, ont été signées et ratifiées à tout vent par les gouvernements des pays du continent après avoir été soigneusement débattues dans les assemblées nationales. Sans pour autant faire preuve d’une volonté manifeste de voir les choses changer dans le côté attendu des femmes, voilà que les pays africains convient leurs compatriotes respectifs et donc, sans exclusive, à se projeter vers l’émergence à l’horizon 2020-2030. Devant une telle entreprise, quelle est le niveau de participation des femmes dans la vie politique et managériale ? Qu’est ce qui fait encore problème ? Peut-on parier sur la bonne foi et surtout sur les actes pragmatiques en faveur de la participation accrue et pérenne de la femme (africaine et/ou camerounaise) venant du côté des gouvernants de chez nous ? À l’heure du bilan à mi parcours que nous impose la célébration du 50ème anniversaire de la création de la journée de la femme africaine, cette conférence que nous donnons, sous la couverture de l’association sans but lucratif (Asbl)[1] dénommée Et si c’était moi ?, nous donnera l’occasion de tenter de présenter non seulement les efforts déjà accomplis d’une part mais surtout d’insister sur les nœuds de résistance qui empêchent à la femme d’émerger. Nous espérons donc en proposer une orientation afin que des améliorations futures soient directement entreprises au vue de l’urgence de la situation.

  1. 1.      L’Afrique, telle qu’elle voit la femme

Célébrée comme la mère de l’humanité, l’Afrique est curieusement accusée de traiter elle-même, avec des égards moins élogieux, la femme sur tous ses aspects ou dans ses multiples catégories. Ce continent qui a pourtant connu le règne au féminin[2] dans son passé ancestral à plus d’un titre, se trouve être la risée aujourd’hui en matière de considération vis-à-vis de la femme en général. L’Afrique ne respecte pas la femme, pire, elle la toujours reléguée au second plan ; elle lui a assigné des missions de bas étage : procréer, rester au foyer en bref, la femme africaine est un simple bon agent d’exécution. Elle n’a que des devoirs et pas de droits. Kanyarwunga (juin 2012) stigmatise fort à propos que « les discriminations sont institutionnalisées, mais inscrites parfois dans les gènes des sociétés traditionnelles où l’on croit que le sort de la femme relève de la fatalité. Une supercherie, voire une superstition bien africaine ». Pourtant, continue l’auteur, « la vérité est que dès lors que le nombre de femmes augmentent, les choses bougent plus vite et autrement. …les femmes, organisées et en grand nombre, tendent à avoir des approches décisionnelles différentes des hommes. » Malheureusement, comme le constate le CGLUA[3], « les femmes représentent 70% des pauvres du continent, possèdent moins de 2% des terres, bénéficient de moins de 5% des prêts bancaires et n’ont généralement pas la maîtrise des textes, des procédures ou des rouages… » En clair, en Afrique, les clichés qui accablent la femme sont les suivantes :

–          les femmes restent confinées dans les tâches domestiques et on leur dénie encore la prétention à participer à des décisions engageant la vie de la nation (Adjamagbo-Johnson, 1996) ;

–          l’accès des femmes au patrimoine foncier reste limité en Afrique ;

–          nombreuses sont les femmes défavorisées qui n’ont pas d’accès à l’éducation, à la formation (Raoul Emilienne, MINASAHS[4], 2012) ;

 Ceci est d’autant plus vrai en ce sens que les conventions qui sont présentées actuellement et qui font de l’approche genre un « impératif catégorique et absolu », et non un simple « produit du hasard et de la nécessité » lui ont été inspirées par d’autres régions du monde. Raoul (op.cit) évoque en effet la liste des textes à partir desquels les gouvernements africains semblent fonder leur politique en faveur du genre :

ü  Déclarations successives décennales des sommets de la Terre depuis 1972 en Suède jusqu’à Rio+20 de 2012) ;

ü  Déclaration des 08 Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD);

ü  Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique (NEPAD, 2001) ;

ü  Déclaration solennelle des Chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA sur l’égalité entre les sexes (2004) ;

ü  La Politique du genre de la CEEAC de 2004 ;

On peut également y ajouter avec les contributions de Delgado, outre les Constitutions ou Lois fondamentales des pays respectifs de l’Afrique, d’autres conventions et protocoles tels :

ü  Recommandations de la Conférence de Beejing (1995) ;

ü  Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW 2004) ;

ü  le Protocole Facultatif dans le Traité Africain des Droits de l’Homme et des Peuples relatif à la Femme (réalisé en 2003 et en vigueur depuis 2005 au niveau de l’UA) ;

ü  La Plate forme d’Action de Pékin ;

ü  Les Objectifs de l’Education pour tous (EPT) ;

De manière consensuelle et constante, tous ces documents cités plus haut mettent en exergue la nécessité de promouvoir l’égalité et l’équité de genre où la femme se doit donc de jouer pleinement tous les rôles qui lui sont dévolus, reconnus et à pérenniser. Malheureusement, en dépit de l’adoption progressive de ces textes et l’approbation des Plans Nationaux d’Action (traduisant une forme certaine d’appropriation au niveau local), force est de constater pour le déplorer que « le quotidien des femmes africaines continue d’être marqué par la tradition qui s’oppose souvent à la législation du pays, la Constitution et les accords internationaux et régionaux que les états se sont engagés à respecter ». Pour faire simple, on dira que l’engagement de l’Afrique vis-à-vis de la femme et surtout son intégration dans la vie nationale reste confiné dans le registre du prescriptif, du principe, du saupoudrage, du suivisme moutonnier, de l’acquiescement. Pour ce qui est de la mesure effective c’est-à-dire de chiffres de terrain pour des comparaisons fiables, effectives et efficientes, il faut encore revenir demain pour ne pas dire, il faut encore attendre.

  1. 2.      Situation de la femme africaine dans le concert politique et de prise de décision

L’espace politique est un lieu où règne la démocratie c’est-à-dire, la présence des différences, l’ouverture, l’acceptation de l’autre, la prise en compte ou en considération de ses aspirations, le consensus. Chaque Homme ou individu, dans tout groupe où il ou elle se trouve, a bel et bien ses aspirations, ambitions, envies, besoins, motivations. La mise en action, le passage à l’acte se doit donc d’intégrer l’autre, savoir ce qu’il ou qu’elle pense, veut, désire, souhaite, envie. En cas de divergences ou d’opposition, l’on recourt au vote pour départager les camps qui ne sont pas d’accord. C’est le plus grand nombre qui l’emporte mais n’écrase pas les  autres qui se sont retrouvés en minorité. Ce mélange de l’un et l’autre est ce qu’on appelle le consensus. C’est ce qui est recherché en politique ou en démocratie. Dans un tel lieu ou cadre ou groupe, le passage en force est la chose à éviter, à combattre avec toutes  les énergies. Il est souhaitable de toujours rechercher le juste milieu avant de passer à l’acte.

La prise de décision, quant à elle, bien que reposant fortement sur l’unilatéralisme (individualisation), sous entend donc la capacité de tout individu à pouvoir dire, faire, agir,  en toute quiétude dès lors que les conditions requises sont respectées. C’est le cas du rôle (ensemble de comportements associés à une place et/ou à un statut et attendus réciproquement par des acteurs sociaux) ; du statut (position ou caractéristique sociale susceptibles de préciser la condition ou le rang d’un individu par rapport aux autres dans un groupe ou une société donnée)  et de la tâche (situation dans laquelle une personne a un problème à résoudre ou un but à atteindre).

Dans une logique de mariage de raison où l’homme et la femme sont condamnés à vivre ensemble, socialement parlant, il n’est pas question qu’il y ait des logiques de domination de l’un sur l’autre mais plutôt de complémentarité ou l’un est à côté de l’autre. Et dans un contexte comme celui de l’Afrique où les femmes représentent près de 51% de la population totale, l’homme ne devrait en aucun cas être en position de domination ou de monopole de l’espace politique ou de gestion en général. Quelle est la situation exacte sur le terrain ?

En Afrique, la sous-représentation des femmes dans les organismes de décision continue d’être une réalité, un truisme, une plaie béante et saignante et cette situation attenue les dispositions de diverses organisations internationales et régionales. Pire, peu de pays atteignent le pourcentage de 30% fixé par les Nations Unies pour la présence des femmes dans les organismes de décision. Pourtant, certaines statistiques militant en faveur de la femme et susceptibles de faire basculer la balance de leur côté sont pourtant exhibées par la communauté des scientifiques. C’est le cas de :

  • Du rapport sur les femmes dans le monde (Nations Unies, 1994), la proportion des femmes chefs de ménages en Afrique avoisine les 25% dans les régions développées et dépasse 20% pour le reste ;
  • L’article de Pilon (1994) et d’autres études qu’il cite dans son article stigmatisent bien le rôle de la femme dans la réussite de l’éducation des enfants. En effet, les enfants sont mieux scolarisés lorsque le chef de ménage est une femme. Bien que diminuées au plan économique, les femmes s’en sortent avec brio et maestria au niveau de la gestion familiale. Mieux, selon Pilon (op.cit) :  « les femmes chefs de ménage investissent davantage que les hommes dans leurs enfants, que ce soit en terme de temps, d’argent ou de support affectif, et cela est particulièrement vrai en matière d’éducation. leur gestion des ressources s’avère plus rigoureuse, plus responsable » ;
  • Selon ISU (2008) que reprend Fink (2011 : 8),  le taux d’alphabétisme des adultes de plus de 15 ans en Afrique subsaharienne … était seulement de 53,3% pour les femmes ;
  • Pour le PNUD (2010) repris par Fink (2011 : 8-9) : «  le taux moyen d’alphabétisation en Afrique subsaharienne a presque triplé en terme de pourcentage, sur les quarante dernières années, augmentant de 23% en 1970 à 65% aujourd’hui. » ;

Relève encore des faits divers ou du régime de l’exception, la situation des femmes africaines qui franchissent les postes de Chefs de l’Etat, de Premier Ministre, de Présidente de l’Assemblée Nationale ou de Présidente de la Cours Constitutionnelle. En Afrique, la politique reste encore un domaine presque exclusivement masculin où existent de nombreuses discriminations, institutionnalisées ou de fait, entre les hommes et femmes. La seule partie de l’Afrique où la femme est prise en considération dans la sphère politique et de management avec une certaine considération reste et demeure indubitablement l’Afrique australe bien que le Rwanda à cheval entre l’est et le centre de l’Afrique y soit souvent cité comme un modèle d’exemple. Voici quelques statistiques revenant sur l’occupation des femmes dans la sphère politico managériale africaine.

Au niveau de la fonction suprême de l’Etat (Présidence de la république) le Libéria a ouvert le bal depuis 2005 avec l’arrivée de Madame Ellen Johson-Sirleaf[5] à la tête de l’Etat. Le Mozambique a suivi avec Madame Luisa Diogo à la fonction de Première Ministre et la Gambie avec une femme comme Vice-présidente.

En septembre 2008, on voit les femmes occuper les postes de Présidentes de l’Assemblée Nationale en Afrique australe (Afrique du Sud et Lesotho) et les postes de Présidente de Sénat toujours en Afrique australe (Swaziland et Zimbabwe).

Au niveau ministériel, les statistiques sont fluctuantes dès 2005 au point où l’on n’hésite pas à parler de disparité entre pays africains. Respectivement, pendant qu’on a des pourcentages encourageants de l’ordre de 41,4% (Afrique du Sud), 37,5% (Guinée Bissau) et 35,7% au Rwanda, la Guinée Equatoriale[6] ferme la queue avec 4,5% soit une seule femme (01) dans un gouvernement de 22 membres.

Le droit de vote acquis par les femmes dans plusieurs pays africains en 1975 a connu son apogée après 1990 au point où, leur présence dans les espaces politiques publics (gouvernement, parlement, sénat, cour constitutionnelle) dans la majeure partie des pays est de plus en plus entrée dans les mœurs même si la vitesse est plus proche du pas de la tortue ou du caméléon. Ainsi, en 1991, le Cap Vert s’est retrouvé avec 8 femmes sur les 15 membres du gouvernement à occuper les postes ministériels. Le Sénégal a connu une moyenne de 16 femmes au gouvernement durant les deux décennies de présidence d’Abdou Diouf à la présidence du pays de la Teranga. D’ailleurs, une femme a même été Premier Ministre Chef du Gouvernement entre 2001 et 2002 à savoir : Madame Madior Boye.

Au Mozambique, de 28% en 1997, le pourcentage de femmes au Parlement a atteint 37% en 2007 au point d’exploser la barre pourtant fixée à 30% dans la Déclaration de Genre de la SADC avant 2005. Aussi, le pays s’est retrouvé avec 6 femmes contre 19 hommes avec en prime, 04 vice-ministres sur un total de 17.

Entre temps, le Rwanda a fait des progrès notoires dans la responsabilisation de la femme avec une femme au poste de Présidente de la Chambre basse du Parlement. Le Gabon semble avoir réussi à confondre les esprits dans la partie francophone de l’Afrique. En effet, avec la disparition brusque du Président Omar Bongo en 2009, c’est à deux femmes qu’est revenu l’insigne honneur d’assurer la transition. Personne n’oubliera de si tôt la prestance de Mme Rose  Francine Rogombe (Présidente du Sénat et Chef d’Etat par intérim) et Mme Marie Madeleine Mborantsuo à la cour constitutionnelle.

De manière générale, au-delà du saupoudrage ou des coups d’éclat sporadiques et fugaces, on ne peut conclure qu’à une minimisation de la femme africaine car, certains postes ministériels de souveraineté lui sont fatalement refusés : la défense, la sécurité, les affaires étrangères, l’administration territoriale (intérieur), l’économie et les finances. Leur zone de compétence ou d’intervention est circonscrite fatalement dans le social.

En 2012, voici la liste des femmes les plus hautes placées à ces postes élitistes dans le continent africain :

Nom

Poste occupé

Pays

Nature de l’institution

Nkosazana Dlamini-Zuma* Présidente de la Commission de l’Union africaine

Afrique du Sud

Echelle Africaine

Ramatane Lamamra Commissaire à la Paix et à la Sécurité

Algérie

Echelle Africaine

Elham Mahmoud* Commissaire aux Infrastructures et à l’Energie

Egypte

Echelle Africaine

Aïcha Abdullahi* Commissaire aux Affaires politiques

Nigéria

Echelle Africaine

Fatima Haram Acyl* Commissaire à l’Industrie et au Commerce

Tchad

Echelle Africaine

Rhoda Peace Tumusiine* Commissaire à l’Agriculture et à l’Economie rurale

Ouganda

Echelle Africaine

Fatou Bensouda Procureure de la Cour pénale internationale

Gambie

Echelle mondiale

Ellen Johnson-Sirleaf Chef de l’Etat

Libéria

Nationale

Joyce Banda Chef de l’Etat

Malawi

Nationale

Ngozi Okonjo-Iweala Ministre de Finances

Nigéria

Gouvernementale

Rose Gombe Présidente de la cour constitutionnelle

Gabon

Nationale

Henriette Dagri Diabaté Grande Chancelière de l’Ordre National

Cote d’Ivoire

Nationale

Source : compilation personnelle (Mboe, 2012)

*[7]

  1. 3.      Cas du Cameroun

Au Cameroun :

–        la population féminine, au regard des résultats du dernier recensement général de la population et de l’habitat publié en avril 2010, est estimée à 52% des 19 millions de camerounais. Cette marge importante de notre pays contribue à hauteur de 75% au développement de l’agriculture sans oublier leur  apport à la production alimentaire à hauteur de 80%. Elles sont loin de jeter l’éponge à cet effet au regard des efforts qu’elles déploient sur le terrain ;

–        leur grande capacités intellectuelle, leur ingéniosité, leur présence effective dans les grandes écoles de formation des hauts cadres de la république tant à l’interne qu’à l’externe  restent plus que palpables et celles-ci sont loin d’être de simples figurantes. On le voit par ailleurs dans toutes les cérémonies récompensant le mérite scolaire et universitaire au Cameroun dont les sociétés responsables accompagnent au niveau national (SABC, MTN, Orange, Nido, etc.) pour ne citer que ces entreprises dites responsables. Les bourses d’excellence du MINESUP sont aussi une occasion de saluer et de reconnaître la force non bruyante des femmes dans le domaine intellectuel.

–        Elles bénéficient du  soutien incontestable du Chef de l’Etat dont les prises de paroles sont pourtant applaudies bruyamment par les femmes qui le présentent incontestablement comme leur « chaud gars ». En effet, lors des campagnes présidentielles de 1997 et de 2004, le Président Biya a fait une promesse claire, nette et sans bavure aux femmes. Après leur avoir promis 30% de quotas dans les postes de responsabilité en Maroua en 1997 « Je m’engage à faire de l’égalité entre les droits de l’homme et des droits de la femme une réalité », il va se montrer plus incisif en 2004, particulièrement le 5 octobre à Monatélé en ces termes « l’amélioration de la condition féminine et en particulier une meilleure représentation de la femme dans nos institutions et notre administration resteront au premier plan de nos préoccupations » La dernière élection présidentielle d’octobre 2011 n’a pas dérogé à la règle pour ce qui est du soutien du Chef de l’Etat en faveur des femmes.

Seulement, cette majorité démographique tarde à se constituer en majorité psychologique en termes d’auto affirmation, d’autodétermination effective sans rien attendre des hommes et leur phallocratie invétérée. Pire, lorsque l’occasion de procéder à la nomination des camerounais aux postes de responsabilité dans l’administration tant au niveau central que déconcentré, la fièvre défavorable en direction de la femme s’empare des « Décideurs » dans l’immense majorité. Pire, sur ce terrain, on est tenté de dire laconiquement que « tous sont coupables, les responsables en charge de nommer ». Du sommet de la pyramide gouvernementale au dernier des dépositaires de la signature charger de porter au pinacle les camerounais et camerounaises méritants aux affaires, la culpabilité est aussi évidente que la présence du nez au beau milieu du visage. Nous livrons à l’intellect de tous, une carte de distribution des postes de responsabilités au Cameroun. Nous avons fait l’effort de parcourir tous les axes de gestion ou de représentativité humaine notoire pour mieux mettre en exergue la logique de saupoudrage que nous évoquons sans cesse.



[1]  Association Sans But Lucratif

[2]  En Afrique de l’est, on a eu les règnes de la Reine de Saba, 960 avant JC (actuelle Ethiopie) mère de Ménélick ; Candace (322 av JC) impératrice d’Ethiopie (Soudan Méroitique) a opposé, avec un œil, une vive résistance aux armées romaines de César Auguste ; En Afrique australe et centrale, Nzinga (1582-1663), reine d’Angola, Nandi,reine Zoulou (1778-1826) mère de Chaka Zoulou ; en Afrique de l’ouest, Amina (1588-1589) reine de Zaria (actuel Etat du nord du Nigéria) ; Yaa Asantewa, reine de l’empire Ashanti du Ghana ; Abla Pokou du royaume Baoulé en Côte d’Ivoire ; Reine Kassa de l’empire du Mali ; Princesse Yennenga de l’actuel Burkina Faso ; Sarrounia du Niger ; Ndatte Yalla, dernière reine du Waalo (Nord du Sénégal) Aline Sitoe Diatta au sud du Sénégal en Basse Casamance…

[3] sigle renvoyant à Cités et Gouvernements Locaux Unis d’Afrique

[4] Ministre des Affaires Sociales, de l’Action Humanitaire et de la Solidarité de la République du Congo.

[5] Elle d’ailleurs été réélue pour le deuxième mandat en 2011.

[6] La Guinée Equatoriale était à cette date là, selon Delgado, le pays avec le plus bas pourcentage des femmes au gouvernement.

[7] Signifie qu’il s’agit d’une entrée lors du 19ème Sommet de l’UA tenu à Addis-Abeba en juillet 2012 ; d’ailleurs, à la commission de l’Union Africaine, la parité homme-femme est de mise.

 

L’article complet est disponible à: femme africaine et participation politique- Article de Gustave Georges Mboe

Auteur: 
Gustave Georges MBOÉ
Psychologue, Enseignant-Chercheur (ATER) à l’Université de Yaoundé I
Consultant Permanent de Si c’était Moi ?
Contact : 9480 6778 ; 7765 3867 ; 3361 5974
Email: mboegeorges@yahoo.fr  

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4 thoughts on “Femme Africaine et Décision politique: Participation ou Exclusion?”

  • BOVOURNE Richard dit :

    *J’ai lu votre article avec beaucoup d’attention et je l’ai trouvé intéressant. Je vous félicite et vous encourage pour la collecte des données et le dynamisme que vous avez entrepris.
    A mon humble avis, il aurait été aussi intéressant de relever que ces femmes, qui sont nos mères, nos épouses et nos sœurs, constituent des « outils électoraux » qui placent ces hommes où ils sont aujourd’hui, c’est pour cette raison que ces derniers doivent leur être reconnaissant à leur juste valeur. Il faut ajouter que c’est sur cet aspect que les hommes reconnaissent l’importance de la femme. En outre, la clef de la vie, pour parler des produits agricoles, se trouve, dans la plupart des cas,entre les mains de ces femmes, d’où un autre aspect de la décision, pouvant amener la femme à se placer au devant de la scène politique. pour tout dire si déjà elles ont des rôles remarquables aussi bien au niveau social qu’économique, il va s’en dire qu’elles joueront également un rôle plus que remarquable au niveau politique, d’ailleurs, vous avez donné des exemples vivants et palpables.
    Un autre aspect que je voudrais proposer, sans exagérer, est qu’il fallait avoir la proportion des femmes (Camerounaise par exple)aptes et prêtes (et leur niveau) à s’investir dans la chose politique par rapport aux hommes, ceci pour donner un peu de tonus à l’article . je pense (supposition), à moins que je ne me trompe, que c’est pendant ces deux dernières décennies que l’on trouve assez de femmes dans les grandes écoles. Peut-être que l’on attend leur maturation afin de leur attribuer des postes décisionnels?

    Merci et bon courage*

  • BOVOURNE Richard dit :

    J’ai lu votre article avec beaucoup d’attention et je l’ai trouvé intéressant. Je vous félicite et vous encourage pour la collecte des données et le dynamisme que vous avez entrepris.
    A mon humble avis, il aurait été aussi intéressant de relever que ces femmes, qui sont nos mères, nos épouses et nos sœurs, constituent des « outils électoraux » qui placent ces hommes où ils sont aujourd’hui, c’est pour cette raison que ces derniers doivent leur être reconnaissant à leur juste valeur. Il faut ajouter que c’est sur cet aspect que les hommes reconnaissent l’importance de la femme. En outre, la clef de la vie, pour parler des produits agricoles, se trouve, dans la plupart des cas,entre les mains de ces femmes, d’où un autre aspect de la décision, pouvant amener la femme à se placer au devant de la scène politique. pour tout dire si déjà elles ont des rôles remarquables aussi bien au niveau social qu’économique, il va s’en dire qu’elles joueront également un rôle plus que remarquable au niveau politique, d’ailleurs, vous avez donné des exemples vivants et palpables.
    Un autre aspect que je voudrais proposer, sans exagérer, est qu’il fallait avoir la proportion des femmes (Camerounaise par exple)aptes et prêtes (et leur niveau) à s’investir dans la chose politique par rapport aux hommes, ceci pour donner un peu de tonus à l’article . je pense (supposition), à moins que je ne me trompe, que c’est pendant ces deux dernières décennies que l’on trouve assez de femmes dans les grandes écoles. Peut-être que l’on attend leur maturation afin de leur attribuer des postes décisionnels?

    Merci et bon courage

  • binyam dit :

    je pense qu’au 21ème siècle il est dommage pour mon pays de marginaliser la femme quand on sait son importance dans nos familles.Une femme bien éduquée est une porte ouverte à l’épanouissement de la famille, du pays et du monde. C’est vrai que dans mon pays il existe une forte résistance dans l’émancipation des femmes due à nos traditions mais je reste optimiste quand au changement à venir. Je salue toutefois le magnifique travail de recherche de mr MBOE et je l’encourage à continuer dans cette voie.

  • orchidée noire dit :

    georges félicitations pour ton article.il est bien écrit et argumenté malgré une coquille qui s’est glissée.tu as suffisamment illustré la situation de notre pays en ce qui concerne la situation des femmes dans la prise de décision.penses-tu que chez nous si une femme a un poste politique elle serait moins une bonne épouse?ou alors en tant qu’épouse elle serait une mauvaise politicienne?j’aurais bien aimé que tu fasses une étude empirique avec résultats pour montrer que la femme que la femme peut être une bonne dirigeante.courage mon frère tu as l’analyse dans le sang