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Nr. 00272- Nov. 18th, 2025 – Weekly Newspaper devoted to Science & Technology in Africa ** Pour la promotion de l'esprit scientifique en Afrique

Question: Peut-on parler d’un tribalisme d’État au Cameroun? Les points de vue des internautes

Un thème est actuellement âprement débattu sur le forum de notre organisation African Development Initiative. Il porte notamment sur le tribalisme en Afrique. Selon Jacques, un Linguiste de haut niveau, « Le tribalisme, c’est comme la peste ou le SIDA pour rester dans l’actualité du moment. Dès qu’on vous diagnostique ce mal ou même on y fait allusion, vous êtes mort! Il vous sera difficile de vous en séparer ». Seulement, malgré la répugnance quasi générale de ce fléau dans nos sociétés, il ne quitte pour autant pas la cité. On recrute en fonction de l’ethnie. On licencie en fonction de l’ethnie. On organise sa campagne électorale en fonction de l’ethnie, etc.
Au Cameroun par exemple, il est inscrit dans la constitution de la république des expressions telles « allogène », « autochtone », etc. Pour autant: peut-on parler d’un tribalisme d’État au Cameroun?
Le point de vue de Léonard
« Constater avec moi que ceux qui introduisent Autochtone, Allogène, etc. dans la constitution de la république ne manifestent pas en réalité une préférence à ces catégories sur le terrain. Je formule même l’hypothèse selon laquelle ils s’en distancent. En plus, on ne peut parler d’un tribalisme d’Etat que si l’État dans son fonctionnement, dans son déploiement sur le champs politique national se distingue par sa préférence marquée pour une ou plusieurs ethnies identifiables. Or la réalité est toute autre. Concrètement, les régions centre et sud sont tout aussi foireuses, pauvres, que les autres régions du Cameroun. Selon moi, les faits ne corroborent pas suffisamment l’idée d’un tribalisme d’Etat. Il y a plutôt manipulation de l’ethnicité par l’État.
NB: Ceci est un point de vue. Ce n’est pas La vérité, mais juste mon point de vue.
 Au plaisir de vous relire!
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Le point de vue de Bonaventure
Léo,
C’est bien pourtant là que le bât blesse! Le principal reproche fait à l’Ètat est d’avoir créé des institutions tribalistes, comme le quota tribal et l’équilibre régional, et d’en avoir fait un mode de gestion de la société, annulant ainsi l’un des caractères sacro-saints de la mission du gouvernement qui est d’assurer un service public, ce qui comporte entre autres l’exigence de garantir un égal accès de tous aux prestations, mais aussi aux fonctions dans l’Ètat! L’État a à mon avis falli à être « l’institutionnalisation juridique de la nation » en inscrivant dans son texte fondamental, la Constitution, des catégories corrosives comme les allogènes et les autochtones qui prennent le pas, en République, sur la catégorie du Citoyen, seule baromètre valable d’appréciation d’une appartenance inclusive de toutes les compasantes de la Nation au-delà des différences purement accidentelles!!!!
En revanche, la sagesse des populations, leur perspicacité à démêler l’imposture de ce tribalisme d’État est le rempart contre la dérive ethniciste que les manipulations tribalistes font peser sur le pays. That was my point!
Peace!
Bona
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Le point de vue d’un internaute sur la multiplication des associations ethniques dans la diaspora:
Salut à tout le monde,

je voudrais juste me prononcer sur la multiplication des associations ethniques dans la diaspora et dire que ce n’est pas surprénant. Trois facteurs expliquent cela à mon avis:

1- plus on s’éloigne de ces racines, plus se posent les questions identitaires.

2- dans le cas du Cameroun, l’identité camerounaise n’est pas assez forte pour contenir les identités ethniques. Cela n’est possible que lorsqu’il s’agit d’une petite diaspora. Quand on a à faire une grande diaspora comme la notre actuellement, l’appartenance ethnique domine la fragile appartenance nationale. Autrement-dit, l’épaisseur de notre identité nationale est relativement fine.

3- partout où il y a jeu de pouvoir et d’intérêt, on cherche avec qui mieux excercer l’influence. Et dans notre cas, l’appartenance l’ethnie est un parametre très facile où on ‘est pas obliger de trop argumenter. Et l’instrumentalisation de la question de l’ethnie n’est plus loin.

Bonne journée

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