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Nr. 00272- Nov. 18th, 2025 – Weekly Newspaper devoted to Science & Technology in Africa ** Pour la promotion de l'esprit scientifique en Afrique

Les deux Afriques: Sénégal et Mali

L’Afrique, toujours égale à elle-même. La danse du Tango. Un pas en avant, deux pas en arrière, un pas en avant, deux pas en arrière. Des fois, on donne l’impression d’avancer. Mais en réalité, on recule. La semaine du 19 au 25 mars 2012 aura été une des plus folles sur le continent. Le 22 mars dernier, un coup d’État venu de nulle part est met un terme à une transition démocratique pacifique au Mali. L’élection était pourtant prévue le 29 avril 2012. À l’heure qu’il est, l’intégrité physique du chef de l’État Amadou Toumani Touré ainsi que celle des membres de son gouvernement demeurent la préoccupation majeure de toutes les forces morales de la planète. La junte militaire qui contrôle désormais la situation est responsable de leur sort. Bien que les condamnations fusent de toutes parts, l’histoire politique africaine nous a appris à prendre avec des pincettes les beaux mots et les belles phrases venant de l’extérieur du continent. Généralement, on «condamne», et «appelle au retour de l’ordre». Mais dans les faits, sur le terrain, rien n’est entrepris de concret. Le chien aboie, sans jamais vouloir ou pouvoir détourner le chemin de la caravane. Pour preuve : Madagascar.

Heureusement, de la grande obscurité politique africaine a jailli un peu de lumière dimanche, 25 mars dernier. Le candidat Macky Sall a été élu président de la république du Sénégal avec 65,8% des voix à l’issue du second tour. Le président sortant Maitre Abdoulaye Wade (34,2%) a eu la grandeur de reconnaitre la victoire de son adversaire, replaçant du même coup son pays sur les rails de la démocratie. Cette reconnaissance intervenait au lendemain d’un processus électoral très agité, entaché par le sang de nombreux combattants de liberté. La victoire du candidat Macky Sall, ancien ministre de l’intérieur et ancien premier ministre sous Abdoulaye Wade, exprime une fois encore la possibilité pour les Africains de prendre en main leur destin politique s’ils le veulent bien. Les partis politiques de l’opposition ont été en mesure de faire bloc derrière un candidat, une formule qui n’a pas été possible dans d’autres États d’Afrique,  notamment au Cameroun. Petit bémol toutefois : les conditions structurelles étaient fondamentalement différentes entre ces deux États. En effet, dans scrutin à un seul tour, il est fort difficile de constituer un bloc unique ou d’aboutir à une candidature unique de l’opposition. La scène politique française par exemple démontre à perfection combien structurant  est le code électoral sur les stratégies des entrepreneurs politiques. Les partis politiques de gauche comme de droite approchent le premier tour du scrutin à rang dispersés. L’Union sacrée n’intervient généralement qu’au second tour. La scène politique africaine ne saurait faire exception.

Le Sénégal, un exemple pour l’Afrique

Cependant, ce qui a été très particulier dans le cas sénégalais, c’est le quasi rejet de l’offre d’alliance du candidat vainqueur du premier tour, Maître Abdoulaye Wade. Les autres formations politiques ont préféré faire alliance avec un candidat jeune (50 ans) qui n’a pas encore exercé de mandat présidentiel, plutôt que de faire chemin ensemble avec un président sortant de 85 ans qui sollicite un troisième mandat en tant que chef de l’Etat. Au Cameroun, en octobre 2011, certaines formations politiques de l’opposition avaient préféré exactement l’option contraire à la logique de sénégalaise, et avaient fait alliance avec un chef d’État sortant de 78 ans qui sollicitait un énième mandat en tant que chef d’Etat.

L’affirmation du principe de la passation régulière du pouvoir d’État, l’affirmation du principe du respect de la volonté du peuple souverain par le président sortant Maître Abdoulaye Wade, sont autant de facteurs qui font du Sénégal une grande république.

Photo:
À gauche: Macky Sall, Chef d’État élu du Sénégal (à l’issue du 2ème tour de la présidentielle 2012, 25 Mars 2012, 65,8% des voix). Source: Associated Press.
À droite: Capitaine Amadou Sanogo, Chef de la junte militaire au pouvoir au Mali depuis le coup d’État du 22 Mars 2012. Source: AFP.
 
Auteur:
Moses Chiadjeu
Africa & Science 

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2 thoughts on “Les deux Afriques: Sénégal et Mali”

  • Volker Seitz dit :

    Auf den neuen Präsidenten Macky Sall warten beträchtliche Herausforderungen.Die Erwartungen der Bevölkerung sind sehr hoch. Er muss vor allem die hohen Nahrungsmittelpreise und die die hohe Jugendarbeitslosigkeit bekämpfen, indem er bessere Voraussetzungen für Investitionen schafft. Weniger Arbeitslosigkeit wird die Armut senken. Besonderes Augenmerk will er auf den Kampf gegen Korruption(obwohl die Korruption die die Amtszeit von Wade prägte wird er ihn und seine Familie wohl in Ruhe lassen müssen) und das Analphabetentum legen. Er hat ferner angekündigt, dass er der Verschwendung der Staatsausgaben Einhalt gebieten will , um mit den freigewordenen Mitteln die Wirtschaft anzukurbeln und in Gesundheit sowie Bildung/Ausbildung zu investieren. Er hat mit 65,8 % der Wählerstimmen einen hohen Vertrauensvorschuss bekommen , er sollte ihn nutzen. Die Wähler erwarten einen Aufschwung, der allen zu Gute kommt; mag er auch klein und bescheiden anfangen. Der unerwartete faire Verlauf der Wahlen im Senegal hat viele afrikanische und westliche Beobachter positiv überrascht. Es ist leider immer noch selten in Afrika, dass der Wahlverlierer in der Wahlnacht seine Niederlage anerkennt und seinem Nachfolger gratuliert.
    Volker Seitz

    • admin dit :

      Chers Lectrices et Lecteurs,
      Parce nous estimons ce point de vue très important, nous avons cru utile de le traduire en français afin de vous permettre d’avoir accès au contenu du message de l’Ambassadeur Volker Seitz.
      Notre traduction:

      « Parlant du nouveau Chef d’Etat Macky Sall, de nombreux défis l’attendent. Les attentes de la population sénégalaise sont énormes. Il faut lutter contre l’inflation en général, et particulièrement la montée du prix des denrées alimentaires. Il doit également faire face à un taux de chômage très élevé et dont les jeunes demeurent la catégorie sociale la plus affectée. Il doit enfin créer les conditions meilleures pour l’attrait des capitaux et l’investissement. L’on ne peut efficacement lutter contre la pauvreté qu’en réduisant le chômage. Le nouveau Chef d’État s’engage également à porter une attention particulière à la lutte contre la corruption, même s’il devrait probablement s’abstenir de s’attaquer au président sortant Wade (et sa famille) sous le mandat duquel la corruption a pris de l’ampleur. La lutte contre l’analphabétisme fait aussi partie des objectifs prioritaires du nouveau président.
      Il a également annoncé qu’il veut mettre en place une politique de rationalisation budgétaire, notamment par la réduction des dépenses publiques jugées peu importantes et utiliser les fonds ainsi dégagés pour la stimulation de l’économie et l’investissement dans les secteurs de la santé et de l’éducation/formation. Il a obtenu 65,8% des voix. Il dispose donc d’une grande confiance sur laquelle il peut capitaliser. Les électeurs étant en attente d’une relance bénéfique à tous, le nouveau Chef d’État peut commencer par de petits pas, tout modestement. Il faut tout de même reconnaitre que le chemin ayant conduit aux élections équitables au Sénégal a positivement surpris de nombreux observateurs tant africains qu’occidentaux. Car, il est malheureusement encore rare en Afrique que le perdant d’une élection accepte sa défaite le soir même du scrutin et a félicité son adversaire ».

      Volker Seitz