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Nr. 00272- Nov. 18th, 2025 – Weekly Newspaper devoted to Science & Technology in Africa ** Pour la promotion de l'esprit scientifique en Afrique

Cameroun: Criarde insuffisance des travaux pratiques dans la formation universitaire*

Bien que le constat du confrère se limite aux seules universités d’État, force est de constater que la crise de la formation pratique s’étant à l’ensemble du secteur universtaire, et s’explique principalement par le manque de moyens financiers dont souffrent les institutions de formation post-secondaire au Cameroun.

*Ce tritre est de notre rédaction (Africa & Science- Afrique & Science)

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Universités d’Etat : Les travaux pratiques font l’école buissonnière

Les cours théoriques sont de moins en moins associés à la pratique dans les institutions académiques.

L’adage est connu de tous : «la théorie sans pratique est vide, et la pratique sans théorie est aveugle ». Un tour dans certaines universités et grandes écoles camerounaises permet de se rendre compte que les étudiants sont confrontés à cette réalité. Ils sont combien ces ingénieurs, sortis d’école de la place, qui n’arrivent pas à appliquer ce qu’ils ont appris dans sur le terrain. Pire encore, combien sont-ils ces médecins qui ne savent pas tenir une seringue ou un bistouri.

Cela montre bien que les travaux pratiques, sont pratiqués avec beaucoup de légèreté dans nos grandes écoles. Pourtant, à croire Thomas Tamo Tatietse, directeur adjoint de l’Ecole Polytechnique à Yaoundé, «les travaux pratiques complètent les enseignements reçus dans les cours magistraux ». Ces travaux, sont souvent incontournables, voire indispensables dans certains cursus.
Catherine Célestine Effila Ebe, dans ses fonctions de secrétaire général de l’Ordre des chirurgiens dentistes du Cameroun (aujourd’hui, elle est présidente de cet Ordre Ndlr), dénonçait il y a peu la formation des étudiants chirurgiens dentistes au Cameroun. «La formation théorique n’est pas bien faite dans ces écoles là, l’enseignement pratique est complètement absent », avait-elle déplorée.

Laboratoires

Et dans l’une des parutions précédentes, le Pr. Bengono, responsable de la formation en médecine bucco-dentaire à la Faculté de médecine et de sciences biomédicales(Fmsb) à l’université de Yaoundé I, avouait que cette filière «est confrontée à un manque de laboratoires pour des travaux pratiques ». En ce moment, la première promotion des étudiants de cette filière est en quatrième année, et jusqu’à lors « ne connaissent pas comment manipuler un instrument de chirurgien dentiste ».
A la Faculté des sciences de l’université de Yaoundé I, c’est la même réalité. «Les travaux pratiques sont presque absents », confie un doctorant en chimie organique. Il n’y a pas de laboratoires appropriés pour faire des séances de travaux pratiques. Une réalité qu’a reconnue le Pr. Nzenti, enseignant au département de sciences ce la terre.
Selon lui, « ce sont les bureaux des enseignants, qui très souvent se transforment en laboratoires pour des séances de travaux pratiques ». Au département de physique, les étudiants « se contentent du matériel vieillissant et inadapté, ce qui entrave la qualité des travaux pratiques », affirme un étudiant de Master II en physique. Selon cet étudiant, «les travaux pratiques ne sont pas bien effectué dans ce département ». Au département de chimie, «le manque de réactifs et de certains instruments dans le laboratoire compromet la bonne exécution des travaux pratiques», confie sous anonymat un chargé de travaux pratiques.

Travaux pratiques

D’après ce dernier, «ce constat, est presque commun à tous les départements que compte la Faculté des sciences ». Dans certaines écoles professionnelles, les travaux pratiques se font avec beaucoup de sérieux. A l’Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic), les étudiants de la filière Journalisme dès la première année sont soumis à des travaux pratiques dans les différents genres journalistiques en presse écrite, en radio et en télévision. Ces séances de travaux pratiques sont obligatoires pour tous les étudiants, comme l’indique un des responsables de cette école. La même rigueur est proclamée à l’Ecole nationale supérieure des Travaux publics.

Là-bas, dans la filière topographie comme dans toutes les autres filières, «les travaux pratiques sont bien assurés », précise un enseignant. Les séances de Tp sont plus accentuées chez les étudiants de niveau III. Soit cinq heures de travaux pratiques par semaine. Et cela s’effectue très souvent sur le terrain avec du matériel adéquat. Pour mémoire, tout récemment, les étudiants du niveau III de la filière topographie, ont fait pendant sept semaines des travaux pratiques sur le terrain à Okola. L’Ecole nationale polytechnique est également dans ce même sillage. Les encadreurs affirment attacher une grande importance aux travaux pratiques.

Georges Alain Boyomo et Nicolas Vounsia (Stagiaire)

 

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