{"id":8347,"date":"2025-09-23T05:30:24","date_gmt":"2025-09-23T05:30:24","guid":{"rendered":"https:\/\/africa-and-science.com\/?p=8347"},"modified":"2025-09-25T02:23:32","modified_gmt":"2025-09-25T02:23:32","slug":"octobre-2025-au-cameroun-vers-une-revolution-populaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa-and-science.com\/?p=8347","title":{"rendered":"Octobre 2025 au Cameroun : Vers une r\u00e9volution populaire ?"},"content":{"rendered":"\n<div class=\"wp-block-cover alignleft\" style=\"min-height:421px;aspect-ratio:unset;\"><span aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-cover__background has-background-dim\"><\/span><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"148\" height=\"148\" class=\"wp-block-cover__image-background wp-image-8352\" alt=\"\" src=\"https:\/\/africa-and-science.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image.png\" data-object-fit=\"cover\" srcset=\"https:\/\/africa-and-science.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image.png 148w, https:\/\/africa-and-science.com\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/image-120x120.png 120w\" sizes=\"(max-width: 148px) 100vw, 148px\" \/><div class=\"wp-block-cover__inner-container is-layout-flow wp-block-cover-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-center has-large-font-size\"><\/p>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Alors que les Camerounais s\u2019appr\u00eatent \u00e0 voter lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle du 12 octobre 2025, une r\u00e9alit\u00e9 s\u2019impose de plus en plus : le scrutin est verrouill\u00e9, pip\u00e9 d\u2019avance, et vid\u00e9 de tout sens d\u00e9mocratique. Le pr\u00e9sident sortant, Paul Biya, au pouvoir depuis 1982 et \u00e2g\u00e9 de 92 ans, brigue un nouveau mandat, tandis que les principales figures de l\u2019opposition sont \u00e9cart\u00e9es par des manipulations judiciaires et institutionnelles orchestr\u00e9es par le r\u00e9gime.<br>Dans un climat de r\u00e9pression, de tribalisme entretenu et de confiscation du pouvoir, la question n\u2019est plus de savoir qui gagnera les \u00e9lections, mais plut\u00f4t pour combien de temps le peuple camerounais acceptera-t-il encore de se taire. Ce qui se profile \u00e0 l&rsquo;horizon est une r\u00e9volution populaire l\u00e9gitime, un soul\u00e8vement non-violent pour restaurer la souverainet\u00e9 d\u2019un peuple trahi depuis trop longtemps.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a><strong>Un bilan d\u00e9sastreux pour le pr\u00e9sident Paul Biya : 92 ans, 43 ans de pouvoir et un pays en otage<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le pr\u00e9sident camerounais, qui est le plus vieux chef d&rsquo;\u00c9tat du monde encore en exercice, n\u2019a pas h\u00e9sit\u00e9 \u00e0 d\u00e9poser une nouvelle candidature, ceci malgr\u00e9 son \u00e2ge avanc\u00e9 et une sant\u00e9 d\u00e9clinante. Depuis plusieurs ann\u00e9es, il dirige \u00e0 distance ou par \u00ab\u00a0hautes instructions\u00a0\u00bb, laissant le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la pr\u00e9sidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, gouverner de fait \u00e0 sa place. \u00c0 la fin de ce nouveau mandat de 7 ans, il aura pr\u00e8s de 100 ans. Peut-on diriger un pays \u00e0 cet \u00e2ge, en toute lucidit\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><a><\/a><strong>Une opposition b\u00e2illonn\u00e9e et une &nbsp;justice instrumentalis\u00e9e<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9viction du Professeur Maurice Kamto, principal opposant au r\u00e9gime, constitue un coup de gr\u00e2ce \u00e0 toute illusion d\u00e9mocratique. Le 5 ao\u00fbt 2025, le Conseil constitutionnel a invalid\u00e9 sa candidature dans le cadre d\u2019une proc\u00e9dure qualifi\u00e9e de parodie de justice, ceci en \u00e9voquant des \u00ab irr\u00e9gularit\u00e9s internes \u00bb au parti politique qui l\u2019avait investi. La cour mettait ainsi un terme au r\u00eave d\u2019alternance politique par les urnes que caressait jusque-l\u00e0 le peuple camerounais, qui dans une tr\u00e8s large proportion voyait en Maurice Kamto la figure id\u00e9ale du changement.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c9galement, la requ\u00eate introduite par Ma\u00eetre Akere Muna, ex-b\u00e2tonnier de l\u2019ordre des avocats du Cameroun et lui-m\u00eame candidat \u00e0 l\u2019\u00e9lection du 12 octobre prochain, n\u2019a pas prosp\u00e9r\u00e9 non plus. En effet, dans sa requ\u00eate, Ma\u00eetre Akere Muna conteste la l\u00e9galit\u00e9 de la candidature de Paul Biya en raison de sa situation de d\u00e9pendance attribuable \u00e0 son \u00e2ge et \u00e0 son \u00e9tat de sant\u00e9. Sans surprise aucune, la requ\u00eate de Ma\u00eetre Akere Muna a \u00e9t\u00e9 rejet\u00e9e sans qu\u2019il n\u2019y ait de v\u00e9ritable d\u00e9bat sur la question soulev\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Curieusement, m\u00eame au sein du RDPC, l\u2019atmosph\u00e8re n\u2019est pas moins lourde. Des voix se l\u00e8vent pour contester l\u2019opportunit\u00e9, et m\u00eame la l\u00e9galit\u00e9 de la candidature du pr\u00e9sident Paul Biya. Le 18 juillet dernier, L\u00e9on Thelier Onana, conseiller municipal de la commune de Monat\u00e9l\u00e9, a cru utile de se pr\u00e9senter comme candidat de son parti \u00e0 l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle du 12 octobre prochain, ceci en d\u00e9fiant celle du pr\u00e9sident national qui est par ailleurs le chef d\u2019\u00c9tat sortant. De tels actes de d\u00e9fiance \u00e9taient impensables il y a seulement une d\u00e9cennie. Comme on pouvait s\u2019y attendre, sa candidature a \u00e9t\u00e9 \u00e9touff\u00e9e par ELECAM et le Conseil constitutionnel.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Elections Cameroon (ELECAM)&nbsp;: &nbsp;bras arm\u00e9 du r\u00e9gime de Yaound\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>\u00c0 la date limite de d\u00e9p\u00f4t des dossiers de candidature, le 21 juillet 2025, 83 candidatures avaient \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9es. De ce nombre, seulement 13 avaient \u00e9t\u00e9 retenues par ELECAM,&nbsp; l\u2019organe \u00e9lectoral totalement inf\u00e9od\u00e9 au pouvoir de Yaound\u00e9. Ces candidats, soigneusement s\u00e9lectionn\u00e9s pour ne pas faire d\u2019ombre au pr\u00e9sident sortant, contribuent \u00e0 parodier un d\u00e9cor de pluralisme politique, question de vendre l\u2019image d\u2019un \u00c9tat de droit. Pourtant, la r\u00e9alit\u00e9 est toute autre. Outre les modifications inopportunes de la constitution, la mise en place des codes \u00e9lectoraux sc\u00e9l\u00e9rats sont la marque d\u00e9pos\u00e9e des r\u00e9gimes autocratiques. C\u2019est notamment le cas du Cameroun, pays dans lequel le code \u00e9lectoral permet \u00e0 un grand-papa de 92 ans de se pr\u00e9senter ind\u00e9finiment.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9pression, tribalisme et menaces officielles<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le ministre de l\u2019Administration territoriale, Paul Atanga Nji, a multipli\u00e9 les menaces contre les mouvements citoyens. La peur est utilis\u00e9e comme une arme. Le tribalisme est savamment entretenu pour diviser la soci\u00e9t\u00e9 camerounaise. Les manifestations pacifiques sont interdites, les journalistes musel\u00e9s, et les jeunes r\u00e9duits au silence par la pauvret\u00e9 et la peur de la r\u00e9pression. Le syst\u00e8me politique est verrouill\u00e9, et les \u00e9lections sont organis\u00e9es par embuscade. Nous sommes dans une d\u00e9mocratie de fa\u00e7ade. \u00c0 l\u2019\u00e9tat actuel des choses, un front uni de l\u2019opposition qui inclurait m\u00eame avec le Professeur Maurice Kamto ne peut gagner les \u00e9lections, car l\u2019issue des scrutins est d\u00e9termin\u00e9e par ELECAM, et non par les urnes. Il n\u2019y a point de doute&nbsp;: la victoire de Paul Biya \u00e0 l\u2019\u00e9lection du 12 octobre prochain est d\u00e9j\u00e0 programm\u00e9e. Elle sera &nbsp;l\u00e9gitim\u00e9e par une parodie d\u2019\u00e9lection.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le devoir de r\u00e9sister<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Quand voter ne suffit plus,\u00a0 r\u00e9sister devient un devoir.\u00a0 Le 12 octobre 2025, le peuple camerounais sera une fois de plus convoqu\u00e9 pour l\u00e9gitimer sa propre oppression. Mais cette fois-ci, il peut choisir de briser le cycle de la r\u00e9signation, notamment en se levant pour la justice, la dignit\u00e9 et la libert\u00e9. Comme l\u2019affirmait le c\u00e9l\u00e8bre Bob Marley, <\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-cb4dce262df5f0a40f7af736fea6efa8\">\u00ab <strong><em>on peut tromper le peuple certaines fois, mais on ne peut pas tromper le peuple tout le temps.<\/em> <\/strong>\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading has-black-color has-text-color has-link-color wp-elements-2ce1bf7ea88261bd280c3a6a50a8132e\"><a><\/a><strong>Debout, vaillant peuple camerounais !<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<p>Ce n\u2019est plus une \u00e9lection, c\u2019est une imposture.<br>Ce n\u2019est plus une alternance, c\u2019est une urgence.<strong><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Se dresser contre une telle mascarade devient une urgence. Le 12 octobre prochain, mobilisons-nous, non pour voter, mais pour reprendre le pouvoir vol\u00e9. La r\u00e9volution populaire est l\u2019ultime voie lorsque toutes les autres ont \u00e9t\u00e9 bloqu\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Adrien DJOMO<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Source de la carte du Cameroun: https:\/\/www.alamyimages.fr<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que les Camerounais s\u2019appr\u00eatent \u00e0 voter lors de l\u2019\u00e9lection pr\u00e9sidentielle du 12 octobre 2025, une r\u00e9alit\u00e9 s\u2019impose de plus en plus : le scrutin est verrouill\u00e9, pip\u00e9 d\u2019avance, et vid\u00e9 de tout sens d\u00e9mocratique. 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