{"id":7012,"date":"2014-09-23T00:59:43","date_gmt":"2014-09-23T00:59:43","guid":{"rendered":"http:\/\/africa-and-science.com\/?p=7012"},"modified":"2014-09-24T04:43:18","modified_gmt":"2014-09-24T04:43:18","slug":"sur-limportance-de-la-langue-maternelle-pour-les-enfants-de-la-diaspora","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa-and-science.com\/?p=7012","title":{"rendered":"Sur l&rsquo;importance de la langue maternelle pour Les enfants de la Diaspora"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\" align=\"center\"><i><span style=\"color: #000000; font-family: Times New Roman;\"><a href=\"https:\/\/africa-and-science.com\/?attachment_id=6066#main\" rel=\"attachment wp-att-6066\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-6066\" style=\"width: 277px; height: 303px;\" alt=\"Logo-Afrika-konferenz-sept 2013\" src=\"https:\/\/africa-and-science.com\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Logo-Afrika-konferenz-sept-2013.png\" width=\"535\" height=\"622\" srcset=\"https:\/\/africa-and-science.com\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Logo-Afrika-konferenz-sept-2013.png 535w, https:\/\/africa-and-science.com\/wp-content\/uploads\/2013\/07\/Logo-Afrika-konferenz-sept-2013-258x300.png 258w\" sizes=\"(max-width: 535px) 100vw, 535px\" \/><\/a>\u00a0<\/span><\/i><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Times New Roman;\">P<span style=\"font-size: medium;\">ourquoi apprendre \u00e0 un enfant n\u00e9 dans la diaspora une langue maternelle du pays d\u2019origine des deux ou de l\u2019un des parents\u00a0? C\u2019est l\u00e0 une question qui taraude tr\u00e8s souvent l\u2019esprit de plusieurs jeunes parents dans la diaspora. Les enfants n\u00e9s dans la diaspora doivent s\u2019identifier avec et s\u2019int\u00e9grer dans leur soci\u00e9t\u00e9 de naissance. \u00c0 ce niveau, il ne doit pas avoir de malentendu car c\u2019est avant tout leur soci\u00e9t\u00e9, que les parents aient un projet de retour ou pas. Partant de ce point de vue, la r\u00e9ponse \u00e0 notre question semble simple. Certains diront qu&rsquo;il faut \u00eatre pragmatique. Au lieu de perdre le temps avec une langue qui de toute fa\u00e7on ne joue aucun r\u00f4le dans le concert international, il faut que l\u2019enfant apprenne une langue qui lui sera utile \u00e0 l\u2019\u00e8re de la mondialisation. N&rsquo;est-ce pas l\u00e0 la r\u00e9duction de la valeur d&rsquo;une langue? Il est en tout cas tr\u00e8s important de prendre la d\u00e9cision pour ou contre l&rsquo;apprentissage de la langue maternelle \u00e0 la fin d&rsquo;un processus de r\u00e9flexion, donc en toute conscience et connaissance de cause. Autrement-dit, il ne faut pas laisser le cours des choses faire le choix \u00e0 notre place. Le pr\u00e9sent article a entre autre pour objectif d\u2019amener les membres de la diaspora \u00e0 se pencher sur cette th\u00e9matique sensible et essentielle.\u00a0<\/span>\u00a0\u00a0<\/span><\/span><span style=\"color: #000000; font-family: Times New Roman; font-size: medium;\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><b>Langue comme clef de vo\u00fbte de l&rsquo;int\u00e9gration<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La langue est un facteur d&rsquo;int\u00e9gration fondamentale. Par cons\u00e9quent, l&rsquo;apprentissage de la langue dominante de la soci\u00e9t\u00e9 d&rsquo;accueil est tr\u00e8s essentiel. C&rsquo;est cette langue qui facilite le contact social, garantie le succ\u00e8s scolaire et professionnel. En d&rsquo;autres termes, l&rsquo;apprentissage d&rsquo;une langue du pays d&rsquo;origine ne doit pas se faire aux d\u00e9pens de la langue d&rsquo;usage du pays de r\u00e9sidence.\u00a0 Sur le plan typologique, on peut identifier quatre cas de figures par analogie \u00e0 la typologie de l&rsquo;int\u00e9gration<a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_edn1\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[i]<\/span><\/span><\/a>: Premi\u00e8rement, la marginalisation qui se caract\u00e9rise par la ma\u00eetrise d&rsquo;aucune des deux langues. Le sujet ne parle bien ni la langue du pays d&rsquo;origine, ni celle du pays d&rsquo;accueil. Deuxi\u00e8mement, la segmentation qui se d\u00e9termine par le fait que le sujet parle bien la langue du pays d&rsquo;origine, mais conna\u00eet des d\u00e9ficits consid\u00e9rables par rapport \u00e0 la langue du pays d&rsquo;accueil. Troisi\u00e8mement (et \u00e0 l&rsquo;oppos\u00e9), l&rsquo;assimilation qui quant \u00e0 elle s&rsquo;exprime par la ma\u00eetrise de la langue du pays d\u2019accueil au grand dam de celle du pays d&rsquo;origine. Enfin, le bilinguisme ou le plurilinguisme qui se manifeste par la ma\u00eetrise et de la langue du pays d&rsquo;accueil et de celle du pays d&rsquo;origine. Dans ce cas, on parle de double int\u00e9gration et c&rsquo;est l&rsquo;id\u00e9al. Dans d&rsquo;autres contextes, l&rsquo;int\u00e9gration peut \u00eatre plus complexe quand par exemple des deux parents viennent des pays diff\u00e9rents avec des langues maternelles diff\u00e9rentes. Un argument souvent avanc\u00e9 contre le bilinguisme est que le temps que l&rsquo;on prend pour apprendre une seconde langue irait aux d\u00e9pens du temps pour l&rsquo;autre langue. \u00c0 ce niveau, du moins pour les familles classiques, une division du travail entre les parents serait une r\u00e9ponse ad\u00e9quate. Chaque parent s&rsquo;occupe d&rsquo;une langue. Les enfants des familles monoparentales n&rsquo;ont qu&rsquo;un parent et on ne saurait dire que leur comp\u00e9tence linguistique est d\u00e9ficitaire. Du reste, les \u00e9tudes montrent que le plurilinguisme n&rsquo;a pas d\u2019effet n\u00e9gatif sur le rendement scolaire des enfants<a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_edn2\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[ii]<\/span><\/span><\/a>. Au contraire, le plurilinguisme rend les enfants flexibles dans la mani\u00e8re de penser.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une particularit\u00e9 des familles africaines de la diaspora est que la th\u00e9matique du choix de la langue est plus complexe. Cette complexit\u00e9 r\u00e9sulte du fait que le choix de la langue ne s&rsquo;op\u00e8re pas seulement entre deux langues, mais suivant les cas entre trois, quatre voir m\u00eame cinq langues. Les langues maternelles des parents (entre une et quatre), la langue officielle du pays d&rsquo;origine et la langue du pays d&rsquo;accueil. La r\u00e9ponse du pragmatisme ambiant serait le choix de la langue officielle du pays d&rsquo;origine puisque celle-ci est souvent internationale et pr\u00e9senterait un avantage comparatif pour l&rsquo;enfant \u00e0 l&rsquo;heure de la mondialisation. Le fran\u00e7ais, l&rsquo;anglais, l&rsquo;espagnole et le portugais puisqu&rsquo;il s&rsquo;agit d&rsquo;eux sont vraisemblablement plus avantageux sur le march\u00e9 de l&#8217;emploi que le Bambara, le Bulu, le Swahili ou le Lingala. Cette approche est compr\u00e9hensible. Seulement, une fois que l&rsquo;occasion d&rsquo;apprendre une langue est rat\u00e9e, il est extr\u00eamement difficile de la rattraper. Par contre, les langues internationales peuvent s\u2019apprendre plus facilement et \u00e0 tout moment. Ce qu&rsquo;il convient d&rsquo;\u00eatre soulign\u00e9, c&rsquo;est qu\u2019au-del\u00e0 du caract\u00e8re pratique de ces langues, il ne faut pas perdre de vue qu&rsquo;il s&rsquo;agit avant tout des langues issues de l&rsquo;asservissement colonial. Ce qui implique qu&rsquo;un attachement passionnel \u00e0 ces langues peut \u00eatre remis en question. En outre, cette approche pragmatique est tr\u00e8s r\u00e9ductrice. Elle confine la langue \u00e0 sa valeur marchande. Elle ignore son aspect identitaire, m\u00e9moriel et instructif.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><b>Au-del\u00e0 du pragmatisme r\u00e9ducteur de la valeur de la langue<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><b><\/b>Le repli occasionnel et r\u00e9p\u00e9t\u00e9 sur soi en tant qu&rsquo;individu ou groupe d&rsquo;individus semble \u00eatre un d\u00e9sir humain naturel. Ainsi nous voulons \u00eatre comme tout le monde, mais en m\u00eame temps nous voulons \u00eatre particuliers. Nous voulons appartenir sans diff\u00e9rence \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 majoritaire mais parall\u00e8lement, nous voulons avoir quelque chose qui nous distingue des autres. Cette contradiction apparente rel\u00e8ve en fait de la dialectique et de la dynamique sociale. Les replis (identitaires) peuvent se faire sur la base de l&rsquo;\u00e2ge, du m\u00e9tier, du genre, de la langue, de l&rsquo;ethnie, du loisir,\u2026. Etc&#8230; Comme le pr\u00e9cise Amartya Sen, \u00ab\u00a0le sentiment de l&rsquo;appartenance identitaire n&rsquo;est pas qu&rsquo;une source de fiert\u00e9 et de joie, mais aussi de force et de confiance en soi\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_edn3\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[iii]<\/span><\/span><\/a>. Ce sentiment, cependant, doit \u00eatre un sentiment pour et non contre un groupe. Le repli identitaire doit donc \u00eatre positif et non n\u00e9gatif. Le repli n\u00e9gatif cultive la haine entre les groupes, car l&rsquo;identit\u00e9 ici se forge par le d\u00e9nigrement des autres, par le refus de la diversit\u00e9. Dans notre contexte, la langue serait un facteur identificateur autour duquel un groupe peut se former pour s&rsquo;\u00e9changer certaines exp\u00e9riences, fortifier sa personnalit\u00e9 et son amour-propre. La langue du pays d&rsquo;origine dans le contexte de la diaspora est comme une sorte de jardin secret. La port\u00e9e de la ma\u00eetrise de la langue maternelle est plus palpable lors des visites aux pays d&rsquo;origine des parents. Quel grand bonheur pour tout le monde de constater qu&rsquo;un enfant de la diaspora parle la m\u00eame langue avec ses grands-parents, cousines et oncles! C&rsquo;est de la communion tout simplement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi la langue est plus qu&rsquo;un syst\u00e8me de r\u00e8gles qui servent comme moyen de communication entre les membres d&rsquo;une communaut\u00e9 linguistique. Elle ne permet pas seulement de communiquer, de s&rsquo;entendre pour g\u00e9rer le quotidien. La langue peut aussi \u00eatre per\u00e7ue comme base de donn\u00e9es et t\u00e9moin du temps. En ce sens, elle regorge et transmet par exemple la m\u00e9moire collective. C&rsquo;est-\u00e0-dire les traditions qui sont transmises de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration et nous influencent dans notre mani\u00e8re de faire ainsi que notre perception du monde. Parler la langue de ses anc\u00eatres, c&rsquo;est aussi actualiser le lien qui nous lie \u00e0 eux. Sans tomber dans le radicalisme de l&rsquo; hypoth\u00e8se de Sapir-Whorf, la langue nous aide \u00e0 nous conna\u00eetre nous-m\u00eames ainsi que notre univers. Celui qui ne comprend ou ne parle pas la langue de ses origines perd au moins une bonne partie de ses racines car comme le disait Wittgenstein, \u00ab\u00a0les limites de ma langue signifient les limites de mon propre monde\u00a0\u00bb. En d&rsquo;autres termes, la perte de notre langue d&rsquo;origine limite consid\u00e9rablement notre acc\u00e8s \u00e0 nos propres sources.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">a langue est un instrument par excellence de la diversit\u00e9. Apprendre sa langue maternelle aux enfants devrait s\u2019op\u00e9rer non en vase clos, mais en faisant des comparaisons avec la langue du pays de r\u00e9sidence. \u00c0 ce sujet, Goethe disait que celui qui ne ma\u00eetrise qu&rsquo;une seule langue ne la conna\u00eet pas vraiment. C&rsquo;est en faisant des comparaisons avec d&rsquo;autres langues qu&rsquo;on comprend mieux la sienne. Par ailleurs l&rsquo;apprentissage de la langue maternelle devrait constituer la pi\u00e8ce ma\u00eetresse de tout un dispositif \u00e9ducationnel. Les autres \u00e9l\u00e9ments devant \u00eatre l&rsquo;histoire (contemporaine \u00e9galement), la culture proprement dite. C&rsquo;est aussi par ce biais qu&rsquo;on peut gagner la comp\u00e9tence inter\/transculturelle. \u00c0 ce niveau il serait indiqu\u00e9 de rappeler que le plurilinguisme est diff\u00e9rent du multilinguisme. Alors que le dernier se renvoie simplement \u00e0 la diversification de son r\u00e9pertoire linguistique, le premier \u00a0\u00ab\u00a0met l\u2019accent sur le fait que, au fur et \u00e0 mesure que l\u2019exp\u00e9rience langagi\u00e8re d\u2019un individu dans son contexte culturel s\u2019\u00e9tend de la langue familiale \u00e0 celle du groupe social puis \u00e0 celle d\u2019autres groupes (que ce soit par apprentissage scolaire ou sur le tas), il\/elle ne classe pas ces langues et ces cultures dans des compartiments s\u00e9par\u00e9s mais construit plut\u00f4t une comp\u00e9tence communicative \u00e0 laquelle contribuent toute connaissance et toute exp\u00e9rience des langues et dans laquelle les langues sont en corr\u00e9lation et interagissent. Dans des situations diff\u00e9rentes, un locuteur peut faire appel avec souplesse aux diff\u00e9rentes parties de cette comp\u00e9tence pour entrer efficacement en communication avec un interlocuteur donn\u00e9. Des partenaires peuvent, par exemple, passer d\u2019une langue ou d\u2019un dialecte \u00e0 l\u2019autre, chacun exploitant la capacit\u00e9 de l\u2019un et de l\u2019autre pour s\u2019exprimer dans une langue et comprendre l\u2019autre. D\u2019aucun peut faire appel \u00e0 sa connaissance de diff\u00e9rentes langues pour comprendre un texte \u00e9crit, voire oral, dans une langue a priori &lsquo;inconnue&rsquo;, en reconnaissant des mots d\u00e9guis\u00e9s mais appartenant \u00e0 un stock international commun \u00bb<a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_edn4\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[iv]<\/span><\/span><\/a>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chaque personne qui a l&rsquo;occasion d&rsquo;apprendre ou de transmettre une de ces langues marginalis\u00e9es et qui ne le fait pas contribue sans doute \u00e0 l&rsquo;alt\u00e9ration de notre diversit\u00e9. Il manque d&rsquo;apporter sa part de contribution \u00e0 ce \u00ab\u00a0stock international commun\u00a0\u00bb dont parle le Conseil de l&rsquo;Europe. Pour que la r\u00e9ussite soit au rendez-vous, il faut au pr\u00e9alable lever le voile sur deux choses. D&rsquo;une part, il est imp\u00e9ratif de se d\u00e9faire de tout complexe par rapport \u00e0 nos origines et notre langue. Ceci commence par la reconnaissance de cette derni\u00e8re comme langues \u00e0 part enti\u00e8re et non patois ou dialectes. Nos langues sont tr\u00e8s riches, que ce soit au regard du lexique, de la grammaire ou de la s\u00e9mantique. Au lieu de nier ou de refouler notre identit\u00e9, il faut l&rsquo;assumer non pas pour faire plaisir \u00e0 quelqu&rsquo;un, mais parce que nous sommes d&rsquo;ici et d&rsquo;ailleurs aussi. Nous avons une double identit\u00e9 ou si on veut une identit\u00e9 hybride. De toute fa\u00e7on, dans la plupart des soci\u00e9t\u00e9s d&rsquo;accueil, les personnes ayant une histoire migratoire (africaine) qu&rsquo;elles soient de la premi\u00e8re, deuxi\u00e8me ou m\u00eame troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, sont toujours per\u00e7ues comme des immigr\u00e9es. Il revient \u00e0 la diaspora de revendiquer la double appartenance. Et la meilleure mani\u00e8re de le faire est de commencer par la ma\u00eetrise des deux langues. D&rsquo;autre part, le bilinguisme ou le plurilinguisme n&rsquo;est pas ais\u00e9, car il exige la discipline et un certain sacrifice. Mais il faut d&rsquo;abord surmonter la peur et l\u2019incertitude qui planent dans nos esprits quand nous pensons \u00e0 l&rsquo;apprentissage de notre langue aux enfants. C&rsquo;est un domaine assez bien \u00e9tudi\u00e9 et il existe une panoplie de conseils pratiques sur la gestion du bilinguisme ou du plurilinguisme<a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_edn5\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[v]<\/span><\/span><\/a>. Les vietnamiens qui sont consid\u00e9r\u00e9s comme des mod\u00e8les d&rsquo;int\u00e9gration en Allemagne par exemple parlent le vietnamien avec leurs enfants et \u00e7a fonctionne.<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><b>Chaque langue a le m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre pr\u00e9serv\u00e9e et transmise<\/b><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Alors que la strat\u00e9gie du colonialiste, dans son \u00e9lan de domination du monde, consistait \u00e0 imposer sa langue partout au d\u00e9triment des langues locales, une approche humaniste \u00e9tait pourtant pensable. \u00c0 la remarque de tr\u00e8s bien parler le tswana, Makhaya, le personnage principal du premier romain de Bessie Head, r\u00e9pond\u00a0: \u00ab\u00a0D\u00e8s le temps de Shaka nous avons pr\u00e9sum\u00e9 que le monde entier nous appartient\u00a0; c&rsquo;est pour \u00e7a que nous nous donnons la peine d&rsquo;apprendre la langue de n&rsquo;importe quel \u00eatre humain\u00a0\u00bb<a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_edn6\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[vi]<\/span><\/span><\/a>. Ce qui veut dire que pour comprendre quelqu&rsquo;un, il faut apprendre sa langue et chaque langue m\u00e9rite d&rsquo;\u00eatre apprise. Pour appartenir pleinement au monde, il faut non seulement pr\u00e9server et transmettre sa langue, mais aussi en apprendre autant que possible. Cela, dans le meilleur des cas, pas dans l&rsquo;intention de dominer le monde, mais de le rendre, plus paisible, plus humain car il nous appartient. Chaque langue \u00e0 quelque chose de singulier \u00e0 apporter au \u00ab\u00a0stock international commun\u00a0\u00bb ind\u00e9pendamment de son rayonnement g\u00e9ographique et du nombre de personnes qui en font usage au quotidien. \u00c9tant donn\u00e9 que la charit\u00e9 bien ordonn\u00e9e commence par soi-m\u00eame, la ma\u00eetrise de la langue de ses origines est un imp\u00e9ratif.<\/p>\n<div style=\"text-align: justify;\"><br clear=\"all\" \/><\/p>\n<hr align=\"left\" size=\"1\" width=\"33%\" \/>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_ednref1\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[i]<\/span><\/span><\/a><span style=\"font-size: small;\"><span style=\"color: #000000;\"><span style=\"font-family: Times New Roman;\">Pour plus de d\u00e9tails voir Hartmut Esser, Migration, Sprache und Integration, AKI-Forschungsbilanz 4, 2006.<\/span><\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_ednref2\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[ii]<\/span><\/span><\/a><span style=\"font-family: Times New Roman;\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">op. cit., p. 76-79.<\/span><\/span><\/p>\n<p><a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_ednref3\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[iii]<\/span><\/span><\/a><span style=\"font-family: Times New Roman;\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"> Amartya sen, Die Identit\u00e4tsfalle, Bonn, 2007, p. 17 (traduction de l&rsquo;auteur).<\/span><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">\u00a0 <\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_ednref4\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[iv]<\/span><\/span><\/a><span style=\"font-family: Times New Roman;\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Conseil de l&rsquo;Europe, Cadre europ\u00e9en commun de r\u00e9f\u00e9rence pour les langues\u00a0: apprendre, enseigner, \u00e9valuer (CECR), \u00e9d. <\/span><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Didier, Strasbourg, 2001, p. 11.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_ednref5\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[v]<\/span><\/span><\/a><span style=\"font-family: Times New Roman;\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">\u00a0\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Voir par exemple Jim Cummins, Language, power, and pedagogy. Bilingual children in the crossfire, Clivedon, UK: Multilingual Matters, 2000.<\/span><\/span><\/p>\n<\/div>\n<div>\n<p><a title=\"\" href=\"file:\/\/\/C:\/Users\/Briguett\/Desktop\/documents\/Langue%20maternelle%20dans%20la%20diaspora-Pourquoi-%20lu%20le%2020%20sept%202014.doc#_ednref6\"><span style=\"text-decoration: underline;\"><span style=\"color: #0066cc;\">[vi]<\/span><\/span><\/a><span style=\"font-family: Times New Roman;\"><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">\u00a0\u00a0 <\/span><span style=\"color: #000000; font-size: small;\">Bessie Head, La saison des pluies, \u00e9d. <\/span><span style=\"color: #000000; font-size: small;\"><strong>ZO\u00c9, Gen\u00e8ve, 1998, p. 10.<\/strong><\/span><\/span><\/p>\n<p>__________________<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\">Auteur:<\/span><\/p>\n<p><strong><span style=\"color: #0000ff;\">Tangang Meli Loumgam<\/span><\/strong><br \/>\n<strong><span style=\"color: #0000ff;\">Doctorant en Science Politique<\/span><\/strong><br \/>\n<strong><span style=\"color: #0000ff;\">Universit\u00e9 de W\u00fctzburg<\/span><\/strong><br \/>\n<strong><span style=\"color: #0000ff;\">Allemagne<\/span><\/strong><\/p>\n<p>*Une premiere version de cet article avait \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sur le site <a href=\"http:\/\/www.camer.be\">www.camer.be<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Pourquoi apprendre \u00e0 un enfant n\u00e9 dans la diaspora une langue maternelle du pays d\u2019origine des deux ou de l\u2019un des parents\u00a0? C\u2019est l\u00e0 une question qui taraude tr\u00e8s souvent l\u2019esprit de plusieurs jeunes parents dans la diaspora. Les enfants n\u00e9s dans la diaspora doivent s\u2019identifier avec et s\u2019int\u00e9grer dans leur soci\u00e9t\u00e9 de naissance. \u00c0 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":true,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[8,22,1],"tags":[],"class_list":["post-7012","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-diaspora","category-forum-debate","category-research-center"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7012"}],"collection":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=7012"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7012\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":7016,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/7012\/revisions\/7016"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=7012"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=7012"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=7012"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}