{"id":3519,"date":"2012-04-24T01:00:16","date_gmt":"2012-04-24T01:00:16","guid":{"rendered":"http:\/\/africa-and-science.com\/?p=3519"},"modified":"2012-05-23T14:04:03","modified_gmt":"2012-05-23T14:04:03","slug":"lautopsie-traditionnelle-chez-les-peuples-dafrique-noire-sorcellerie-ou-science","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa-and-science.com\/?p=3519","title":{"rendered":"L\u2019autopsie traditionnelle chez les peuples d&rsquo;Afrique noire: Sorcellerie ou Science?"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/africa-and-science.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/African-Magic-pic.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-3520\" title=\"African Magic pic\" src=\"https:\/\/africa-and-science.com\/wp-content\/uploads\/2012\/04\/African-Magic-pic-150x150.png\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Quand une personne meurt, elle n\u2019est pour autant pas silencieuse. Elle continue \u00e0 parler, et il suffit juste de bien savoir ou pouvoir l\u2019\u00e9couter pour acc\u00e9der \u00e0 d\u2019innombrables informations. La personne morte peut par exemple vous dire ceci\u00a0: \u00ab\u00a0j\u2019ai \u00e9t\u00e9 vraiment longtemps malade\u00a0\u00bb ; \u00ab mon c\u0153ur a fini par c\u00e9der\u00a0\u00bb; ou encore\u00a0: \u00ab\u00a0j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9trangl\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Pratiqu\u00e9e g\u00e9n\u00e9ralement dans le but de faire la lumi\u00e8re sur les circonstances du d\u00e9c\u00e8s d\u2019une personne, en Europe tout comme en Am\u00e9rique par exemple, l\u2019autopsie est g\u00e9n\u00e9ralement command\u00e9e par l\u2019autorit\u00e9 judiciaire, dans le cadre de ce qu\u2019on appelle commun\u00e9ment la \u00ab\u00a0m\u00e9decine l\u00e9gale\u00a0\u00bb. Mais, elle n\u2019est pas une pratique m\u00e9dicale exclusivement occidentale. Les peuples d\u2019Afrique subsaharienne la pratiquent aussi. Mais, autrement.\u00a0Les Bafou, peuples Bamil\u00e9k\u00e9 de l&rsquo;Ouest Cameroun, connaissent cette pratique. Seulement, si l\u2019autopsie \u00ab\u00a0made in Europe\u00a0\u00bb rel\u00e8ve \u00e0 n\u2019en point douter de la science et fait d\u2019ailleurs l\u2019objet d\u2019une sp\u00e9cialisation en facult\u00e9 de m\u00e9decine, celle pratiqu\u00e9e dans certaines soci\u00e9t\u00e9s traditionnelles africaines soul\u00e8ve plut\u00f4t des questions. Des questions sans r\u00e9ponses, comme l\u2019illustre l\u2019article que nous publions aujourd\u2019hui avec l\u2019accord de nos confr\u00e8res de la famille Bafou (www.Bafou.org).\u00a0<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>**************<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Attention! Images difficilement supportables\u00a0<\/span><\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" src=\"http:\/\/www.dailymotion.com\/embed\/video\/x3g1v3\" frameborder=\"0\" width=\"480\" height=\"360\"><\/iframe><\/p>\n<h2 style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\">L\u2019autopsie traditionnelle \u00e0 Bafou ou un ensemble de questions sans r\u00e9ponses<\/span><\/h2>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que recherche t- on ? Qui cherche quoi ? \u00c0 quels r\u00e9sultats aboutit-on ?\u00a0L\u2019autopsie se pr\u00e9sente g\u00e9n\u00e9ralement sur deux modes, bien que les objectifs \u00e0 atteindre soient presque les m\u00eames, \u00e0 savoir, rechercher la cause de la mort.\u00a0L\u2019autopsie m\u00e9dico-l\u00e9gale pratiqu\u00e9e par des m\u00e9decins sur r\u00e9quisition de l\u2019ordre judiciaire, vise \u00e0 indiquer ce qui a provoqu\u00e9 la mort, dans le cas o\u00f9 pourraient \u00eatre soup\u00e7onn\u00e9s des cas de meurtres.\u00a0Elle n\u2019est pas l\u2019objet de ce d\u00e9bat que nous ouvrons aujourd\u2019hui. Nous voulons parler uniquement de l\u2019autopsie traditionnelle : le nong gning.\u00a0Certains usages voudraient que chez nous, nul ne meurt sans \u00eatre tu\u00e9. Par qui ? Et comment ? C\u2019est la raison de l\u2019autopsie pratiqu\u00e9e encore malheureusement chez nous. Il s\u2019agit certainement d\u2019un pan de notre \u2018\u2019culture\u2019\u2019, qui a travers\u00e9 des si\u00e8cles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le spectacle de \u2018\u2019le nong gning\u2019\u2019 est tout simplement insoutenable. Le d\u00e9funt est diss\u00e9qu\u00e9 ; on n\u2019en ferait pas mieux d\u2019un cochon, ou d\u2019une ch\u00e8vre. Les pratiquants de ce rite de dissection se recrutent chez des personnages \u00e0 l\u2019allure d\u2019individus qui ne b\u00e9n\u00e9ficieraient plus de toutes leurs facult\u00e9s.\u00a0L\u2019autopsie est pratiqu\u00e9e sur tous les morts, m\u00eame dans les cas \u00e9vidents.\u00a0Un bonhomme mort des suites de cancer d\u00e9tect\u00e9 par les h\u00f4pitaux, n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 ce rite. Un pendu subit le m\u00eame sort. Les victimes de sida, de chol\u00e9ra, de longue maladie, ne sont pas \u00e9pargn\u00e9es. Les accident\u00e9s, les morts subites constituent les morceaux de choix.\u00a0Qui pratique l\u2019autopsie ? Il ne s\u2019agit manifestement pas de personnes maitrisant l\u2019anatomie du corps humain telle que nous la connaissons, et encore moins les d\u00e9g\u00e2ts caus\u00e9s par certaines maladies.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que trouvent-ils comme causes de la mort ? Mort parce que abattu dans la brousse. Mort pour \u00eatre entr\u00e9 dans un lieu (ou une place) qui n\u2019\u00e9tait pas le sien. Mort par mal\u00e9diction. Mort parce que tu\u00e9 par le ntchop, tu\u00e9 par des sorciers (me ngang lekang). Mort parce que mang\u00e9 par les vampires (meleuh). Encore que ces \u2018\u2019causes de la mort ne sont pas divulgu\u00e9es, mais chuchot\u00e9es de bouche \u00e0 oreille. Le nom du malfaiteur n\u2019est jamais rendu public. Et, ce qui est curieux, apr\u00e8s l\u2019autopsie, suivent toujours des visites chez les voyants (meghang nga\u2019h) qui essaieront aussi de d\u00e9terminer les causes de la mort, sans jamais pr\u00e9ciser qui en est l\u2019auteur.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans ces conditions, on peut se demander ce \u00e0 quoi aura servi l\u2019autopsie. Quel cr\u00e9dit lui \u00e9tait il accord\u00e9 par nos anc\u00eatres ? Pourquoi ce rite jadis r\u00e9pandu sur presque tout le pays ne subsiste-t-il plus que dans les d\u00e9partements de la Menoua et des Bamboutos ?\u00a0Ce rite r\u00e9sout-il les probl\u00e8mes des familles ? Il y a lieu d\u2019en douter, car les \u2018\u2019r\u00e9sultats\u2019\u2019 de l\u2019autopsie entrainent g\u00e9n\u00e9ralement des maux aux cons\u00e9quences \u00e9normes : d\u00e9sunion, m\u00e9fiance, soup\u00e7on, rancune.\u00a0Par ailleurs dans le but de se prot\u00e9ger d\u2019\u00e9ventuelles attaques pr\u00e9dites par l\u2019autopsie, certains de nos fr\u00e8res perdent tous les rep\u00e8res, cherchent \u00e0 se prot\u00e9ger des dangers qui la plupart de temps n\u2019existent que dans leur imagination.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les hommes d\u2019Eglise, les autorit\u00e9s administratives et judiciaires ont beau parler, mais, peine perdue, la pratique est l\u00e0 et se porte \u00e0 merveille. Avec les cons\u00e9quences souvent d\u00e9sastreuses de la manipulation des corps par des mains inexpertes, avec l\u2019expansion des maladies que pourraient drainer ces corps, (sida, chol\u00e9ra, etc..), il serait peut-\u00eatre grand temps de passer \u00e0 la phase r\u00e9pressive. En effet, la profanation des corps ou des tombes, -(certains morts sont exhum\u00e9s et diss\u00e9qu\u00e9s plusieurs jours apr\u00e8s leur enterrement)- sont des d\u00e9lits pr\u00e9vus et punis par notre Code P\u00e9nal.\u00a0Il ne saurait \u00eatre dans notre intention de discr\u00e9diter notre culture, mais plut\u00f4t de demander d\u2019en extraire les aspects positifs que nous pourrons pr\u00e9senter \u00e0 la face du monde, et sans honte. Comprenons aussi que la mort est quelque chose qui survient \u00e0 chaque \u00eatre. Nul ne peut en \u00e9chapper ! Qui a demeur\u00e9 \u00e9ternellement sur la terre parce qu\u2019il \u00e9tait un ngang lekang ? Ou parce qu\u2019il a r\u00e9ussi \u00e0 se prot\u00e9ger ? Enfin \u00e0 notre naissance quelle dur\u00e9e de vie nous a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e par Dieu ?\u00a0N\u2019ayant aucunement la pr\u00e9tention de cerner ce pan de notre culture, Il me plait enfin de solliciter de vous tous un enrichissement de ce d\u00e9bat, pour que survive notre tradition, et que vivent nos familles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\">Auteur:<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><span style=\"color: #0000ff;\">Kemka KANA Victor\u00a0<\/span><\/strong><br \/>\n<span style=\"color: #339966;\">Cet article fut d&rsquo;abord publi\u00e9 le 05 Avril 2012 sur le site internet de la famille Bafou (<span style=\"color: #ff0000;\">www.bafou.org<\/span>). Au regard de l&rsquo;importance du sujet abord\u00e9, Africa &amp; Science a demand\u00e9 et obtenu l&rsquo;accord de publication de nos confr\u00e8res. Nos leurs sommes tr\u00e8s reconnaissants.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Quand une personne meurt, elle n\u2019est pour autant pas silencieuse. Elle continue \u00e0 parler, et il suffit juste de bien savoir ou pouvoir l\u2019\u00e9couter pour acc\u00e9der \u00e0 d\u2019innombrables informations. La personne morte peut par exemple vous dire ceci\u00a0: \u00ab\u00a0j\u2019ai \u00e9t\u00e9 vraiment longtemps malade\u00a0\u00bb ; \u00ab mon c\u0153ur a fini par c\u00e9der\u00a0\u00bb; ou encore\u00a0: \u00ab\u00a0j\u2019ai \u00e9t\u00e9 [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[15,19],"tags":[],"class_list":["post-3519","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-african-magic","category-medical-science"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3519"}],"collection":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=3519"}],"version-history":[{"count":6,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3519\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":3544,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/3519\/revisions\/3544"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=3519"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=3519"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=3519"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}