{"id":2354,"date":"2012-02-07T00:59:20","date_gmt":"2012-02-07T00:59:20","guid":{"rendered":"http:\/\/africa-and-science.com\/?p=2354"},"modified":"2012-02-15T05:39:56","modified_gmt":"2012-02-15T05:39:56","slug":"il-etait-une-fois-le-professeur-cheikh-anta-diop-7-fevrier-1986-7-fevrier-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa-and-science.com\/?p=2354","title":{"rendered":"Il \u00e9tait une fois: Le Professeur Cheikh Anta Diop (7 F\u00e9vrier 1986 &#8211; 7 F\u00e9vrier 2011)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.cheikhantadiop.net\/lc14_sol_red.jpg\" alt=\"\" width=\"126\" height=\"201\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><span style=\"font-family: Arial; font-size: xx-small;\"><strong>C<\/strong><\/span>heikh Anta Diop\u00a0est n\u00e9 le 29 d\u00e9cembre 1923 dans le village de\u00a0Caytou\u00a0situ\u00e9 dans la r\u00e9gion deDiourbel\u00a0(en pays Baol-Cayor), pr\u00e8s de la ville de\u00a0Bambey\u00a0\u00e0 environ 150 km de Dakar, au\u00a0S\u00e9n\u00e9gal.\u00a0Son p\u00e8re, (le Jeune)\u00a0Massamba Sassoum Diop\u00a0est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 peu de temps apr\u00e8s sa naissance. Sa m\u00e8re,\u00a0Magatte Diop, v\u00e9cut jusqu&rsquo;en 1984.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\">Cheikh Anta Diop \u00e9pousera en 1953, \u00e0 Paris, une Fran\u00e7aise,\u00a0Louise Marie Maes, dipl\u00f4m\u00e9e d&rsquo;\u00c9tudes sup\u00e9rieures en Histoire et G\u00e9ographie. Quatre fils na\u00eetront de cette union.\u00a0Cheikh Anta Diop d\u00e9c\u00e8de le 7 f\u00e9vrier 1986 ; il repose, selon sa volont\u00e9, \u00e0 Caytou, aupr\u00e8s de son grand-p\u00e8re (le Grand) Massamba Sassoum Diop, fondateur du village.<\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1927\u00a0&#8211; 1937\u00a0: A l&rsquo;\u00e2ge de quatre-cinq ans il est envoy\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole coranique. Il est ensuite scolaris\u00e9 \u00e0 l&rsquo;\u00e9cole fran\u00e7aise :\u00a0l&rsquo;\u00c9cole R\u00e9gionale de Diourbel. En 1937, il obtient son certificat d&rsquo;\u00e9tudes primaires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1938 &#8211; 1945\u00a0: \u00c9tudes secondaires \u00e0\u00a0Dakar\u00a0et\u00a0Saint-Louis. Il obtient, en 1945, ses baccalaur\u00e9ats (\u00ab\u00a0brevet de capacit\u00e9 colonial correspondant au baccalaur\u00e9at\u00a0\u00bb) en math\u00e9matiques et en philosophie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Durant ces ann\u00e9es pass\u00e9es au lyc\u00e9e, il \u00e9labore un alphabet con\u00e7u pour transcrire toute langue africaine et il entreprend \u00e9galement la r\u00e9daction d&rsquo;une histoire du S\u00e9n\u00e9gal. Dans cette m\u00eame p\u00e9riode apparaissent ses premi\u00e8res r\u00e9flexions qui plus tard d\u00e9boucheront sur son projet de renaissance culturelle et d&rsquo;ind\u00e9pendance politique de l&rsquo;Afrique noire. Il se destine n\u00e9anmoins \u00e0 un m\u00e9tier scientifique appr\u00e9hend\u00e9 comme un devoir de d\u00e9couverte et d&rsquo;invention vis-\u00e0-vis de l&rsquo;humanit\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1946\u00a0: Arriv\u00e9e \u00e0\u00a0Paris\u00a0au cours de l&rsquo;ann\u00e9e 1946. Il s&rsquo;inscrit en classe de Math\u00e9matiques Sup\u00e9rieures, son but \u00e9tant de devenir ing\u00e9nieur en a\u00e9ronautique. En attente de la rentr\u00e9e de l&rsquo;ann\u00e9e 1946-1947, il s&rsquo;inscrit en\u00a0Facult\u00e9 des Lettres de la Sorbonne\u00a0en philosophie. Il suit, en particulier, l&rsquo;enseignementde\u00a0Gaston Bachelard.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A son initiative est cr\u00e9\u00e9e l&rsquo;Association des \u00c9tudiants Africains de Paris\u00a0dont le premier pr\u00e9sident estCheikh Fall.\u00a0Amadou Mahtar M&rsquo;Bow\u00a0en deviendra quelques ann\u00e9es plus tard le pr\u00e9sident.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1947\u00a0: Cheikh Anta Diop poursuit, parall\u00e8lement \u00e0 ses \u00e9tudes, ses recherches linguistiques sur le wolof et le s\u00e9r\u00e8re, langues parl\u00e9es au S\u00e9n\u00e9gal. Il entre en relation avec\u00a0Henri Lhote\u00a0(le d\u00e9couvreur des fresques du Tassili, au Sahara).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1948\u00a0: Il ach\u00e8ve sa licence de philosophie et s&rsquo;inscrit en Facult\u00e9 des Sciences. Il publie sa premi\u00e8re \u00e9tude de linguistique,\u00a0\u00c9tude linguistique ouolove \u2013 Origine de la langue et de la race valaf, dans la revue \u00ab\u00a0Pr\u00e9sence Africaine\u00a0\u00bb cr\u00e9\u00e9e par le grand homme de culture\u00a0Alioune Diop\u00a0en 1947, qui fondera la maison d&rsquo;\u00e9dition\u00a0Pr\u00e9sence Africaine\u00a0puis la\u00a0Soci\u00e9t\u00e9 Africaine de Culture\u00a0(SAC). La m\u00eame ann\u00e9e, Cheikh Anta Diop publie, dans un num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue \u00ab\u00a0Le Mus\u00e9e Vivant\u00a0\u00bb, un article intitul\u00e9Quand pourra-t-on parler d&rsquo;une renaissance africaine ?\u00a0en partie consacr\u00e9 \u00e0 la question de l&rsquo;utilisation et du d\u00e9veloppement des langues africaines, et dans lequel Cheikh Anta Diop propose pour la premi\u00e8re fois de b\u00e2tir les\u00a0humanit\u00e9s africaines\u00a0\u00e0 partir de l&rsquo;\u00c9gypte ancienne.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1949\u00a0: Il fait inscrire sur les registres de la Sorbonne le sujet de th\u00e8se de doctorat \u00e8s-Lettres qu&rsquo;il se propose de traiter, sous la direction du professeur Gaston Bachelard, et qui s&rsquo;intitule\u00a0\u00ab\u00a0L&rsquo;avenir culturel de la pens\u00e9e africaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1950\u00a0: Il obtient les deux certificats de chimie : chimie g\u00e9n\u00e9rale et chimie appliqu\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il prend la d\u00e9cision d&rsquo;int\u00e9grer en juillet 1950 le\u00a0RDA\u00a0(Rassemblement D\u00e9mocratique Africain) alors dirig\u00e9 par\u00a0F\u00e9lix Houphou\u00ebt-Boigny, tout en rappelant fermement \u00e0 la direction du RDA son devoir de ne pas faillir \u00e0 sa mission historique : celle d&rsquo;une v\u00e9ritable lib\u00e9ration du continent africain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.cheikhantadiop.net\/nn&amp;c_couv_a_red.JPG\" alt=\"\" width=\"155\" height=\"230\" \/>Retour au S\u00e9n\u00e9gal pendant l&rsquo;hivernage (juillet-ao\u00fbt) de l&rsquo;ann\u00e9e 1950. Il donne, \u00e0 Dakar et Saint-Louis, plusieurs conf\u00e9rences dont la presse se fait l&rsquo;\u00e9cho :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00ab\u00a0Un enseignement est-il possible en Afrique dans la langue maternelle\u00a0?\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00ab\u00a0N\u00e9cessit\u00e9 et possibilit\u00e9 d&rsquo;un enseignement dans la langue maternelle en Afrique\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00ab\u00a0Les fondements culturels d&rsquo;une civilisation africaine moderne\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au cours de ce m\u00eame s\u00e9jour, il propose, avec des notables, dans une lettre adress\u00e9e aux autorit\u00e9s de l&rsquo;AOF (Afrique Occidentale Fran\u00e7aise), un plan de reboisement du pays afin de faire face au danger de la s\u00e9cheresse.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1951\u00a0: Inscription sur les registres de la facult\u00e9 de son sujet de th\u00e8se secondaire\u00a0\u00ab\u00a0Qu&rsquo;\u00e9taient les \u00c9gyptiens pr\u00e9dynastiques\u00a0\u00bb, sous la direction du professeur\u00a0Marcel Griaule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il devient le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de\u00a0l&rsquo;Association des \u00c9tudiants du RDA\u00a0(AERDA), \u00e0 Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il donne plusieurs conf\u00e9rences :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 \u00ab\u00a0L&rsquo;origine du wolof et du peuple qui parle cette langue\u00a0\u00bb, organis\u00e9e \u00e0 Paris au Mus\u00e9e de l&rsquo;Homme par la Soci\u00e9t\u00e9 des Africanistes, dont le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral est \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque Marcel Griaule.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 \u00ab\u00a0Les fondements culturels d&rsquo;une civilisation africaine moderne\u00a0\u00bb, organis\u00e9e par l&rsquo;Association des \u00c9tudiants africains de Paris,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 \u00ab\u00a0Objectifs d&rsquo;une politique africaine efficiente\u00a0\u00bb, \u00e9galement organis\u00e9e par l&rsquo;Association des \u00c9tudiants africains de Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il organise, dans le cadre de l&rsquo;AERDA, le premier congr\u00e8s panafricain politique d&rsquo;\u00e9tudiants d&rsquo;apr\u00e8s-guerre, du 4 au 8 juillet 1951. La\u00a0WASU\u00a0(West African Student Union) participe \u00e0 ce congr\u00e8s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1952\u00a0: C&rsquo;est dans le bulletin mensuel de l&rsquo;AERDA, \u00ab\u00a0La Voix de l&rsquo;Afrique noire\u00a0\u00bb de f\u00e9vrier 1952, dans un article intitul\u00e9 \u00ab\u00a0Vers une id\u00e9ologie politique africaine\u00a0\u00bb, que Cheikh Anta Diop pose pour la premi\u00e8re fois en Afrique francophone, sous leurs multiples aspects, culturels, \u00e9conomiques, sociaux, etc., les principes de l&rsquo;ind\u00e9pendance nationale et de la constitution d&rsquo;une f\u00e9d\u00e9ration d&rsquo;\u00c9tats d\u00e9mocratiques africains, \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle continentale.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1953\u00a0: Dans le bulletin mensuel de l&rsquo;AERDA, \u00ab\u00a0La Voix de l&rsquo;Afrique noire\u00a0\u00bb de mai-juin 1953, il publie l&rsquo;article \u00ab\u00a0La lutte en Afrique noire\u00a0\u00bb. Il quitte le secr\u00e9tariat g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;AERDA.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1954\u00a0:\u00a0Nations n\u00e8gres et Culture\u00a0\u2014\u00a0De l&rsquo;antiquit\u00e9 n\u00e8gre \u00e9gyptienne aux probl\u00e8mes culturels de l&rsquo;Afrique noire d&rsquo;aujourd&rsquo;hui\u00a0para\u00eet aux \u00c9ditions Pr\u00e9sence Africaine. Ce livre est en fait le texte des th\u00e8ses principale et secondaire destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre soutenues en Sorbonne en vue de l&rsquo;obtention du doctorat d&rsquo;\u00c9tat \u00e8s Lettres ; mais aucun jury ne put \u00eatre form\u00e9. A propos de cette \u0153uvre ma\u00eetresse de Cheikh Anta Diop,\u00a0Aim\u00e9 C\u00e9saire\u00a0\u00e9crit : \u00ab\u00a0\u2026\u00a0Nations n\u00e8gres et Culture \u2014\u00a0[livre] le plus audacieux qu&rsquo;un N\u00e8gre ait jusqu&rsquo;ici \u00e9crit et qui comptera \u00e0 n&rsquo;en pas douter dans le r\u00e9veil de l&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb (Discours sur le Colonialisme, Paris, Pr\u00e9sence Africaine, 1955).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1956\u00a0: Il se r\u00e9inscrit en th\u00e8se d&rsquo;\u00c9tat avec comme nouveau sujet principal\u00a0\u00ab\u00a0Les domaines du matriarcat et du patriarcat dans l&rsquo;antiquit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A partir de 1956 il enseigne la physique et la chimie aux lyc\u00e9es Voltaire et Claude Bernard, \u00e0 Paris en tant que ma\u00eetre-auxiliaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parution dans la revue \u00ab\u00a0Pr\u00e9sence Africaine\u00a0\u00bb de l&rsquo;article\u00a0Alerte sous les Tropiques, texte qui pr\u00e9figure son futur livre-programme :\u00a0Les fondements culturels, techniques et industriels d&rsquo;un futur \u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral d&rsquo;Afrique noire\u00a0(1960).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cheikh Anta Diop donne une conf\u00e9rence sur le th\u00e8me :\u00a0\u00ab\u00a0Les origines n\u00e8gres de la civilisation \u00e9gyptienne\u00a0\u00bb, organis\u00e9e par Pr\u00e9sence Africaine, Salle des Soci\u00e9t\u00e9s Savantes, \u00e0 Paris.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il participe au premier Congr\u00e8s des \u00c9crivains et Artistes noirs qui se d\u00e9roule \u00e0 la Sorbonne, \u00e0 Paris. Il y apporte la contribution intitul\u00e9e :\u00a0Apports et perspectives culturels de l&rsquo;Afrique\u00a0qui para\u00eet dans un num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue \u00ab\u00a0Pr\u00e9sence Africaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e9bat contradictoire avec l&rsquo;\u00e9gyptologue fran\u00e7ais\u00a0Jean Sainte-Fare Garnot.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1957\u00a0: Inscription sur les registres de la facult\u00e9 de son sujet de th\u00e8se compl\u00e9mentaire :\u00a0\u00ab\u00a0\u00c9tude compar\u00e9e des syst\u00e8mes politiques et sociaux de l&rsquo;Europe et de l&rsquo;Afrique, de l&rsquo;Antiquit\u00e9 \u00e0 la formation des \u00c9tats modernes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il entreprend une sp\u00e9cialisation en physique nucl\u00e9aire au Laboratoire de chimie nucl\u00e9aire du Coll\u00e8ge de France dirig\u00e9 par\u00a0Fr\u00e9d\u00e9ric Joliot-Curie\u00a0puis \u00e0 l&rsquo;Institut Pierre et Marie Curie, \u00e0 Paris. Cheikh Anta Diop nourrissait une admiration toute particuli\u00e8re \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard du grand physicien fran\u00e7ais Fr\u00e9d\u00e9ric Joliot-Curie avec lequel il est entr\u00e9 en contact pour la premi\u00e8re fois en 1953.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1959\u00a0: \u00e0 Rome, il participe au second Congr\u00e8s des \u00c9crivains et Artistes noirs. Il y fait une communication portant sur\u00a0L&rsquo;Unit\u00e9 culturelle africaine\u00a0qui para\u00eet dans un num\u00e9ro sp\u00e9cial de la revue \u00ab\u00a0Pr\u00e9sence Africaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Y a-t-il une unit\u00e9 culturelle de l&rsquo;Afrique noire\u00a0?\u00a0\u00bb, est une conf\u00e9rence qu&rsquo;il donne en cl\u00f4ture des Journ\u00e9es Africaines de Rennes : s\u00e9minaire organis\u00e9 par l&rsquo;Association des \u00c9tudiants Africains et l&rsquo;A.G.E.R. (Association G\u00e9n\u00e9rale des \u00c9tudiants de Rennes) sur le th\u00e8me :\u00a0\u00ab\u00a0Les langues vernaculaires en Afrique noire et structures sociales de l&rsquo;Afrique noire en liaison avec le probl\u00e8me des pays sous-d\u00e9velopp\u00e9s\u00a0\u00bb, Rennes (France), 1er et 2 juillet 1959.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1960\u00a0: Le 9 janvier 1960, il soutient, \u00e0 la Sorbonne, sa th\u00e8se de doctorat d&rsquo;\u00c9tat en lettres. Elle est publi\u00e9e aux \u00c9ditions Pr\u00e9sence Africaine sous les titres :\u00a0L&rsquo;Afrique noire pr\u00e9coloniale\u00a0et\u00a0L&rsquo;Unit\u00e9 culturelle de l&rsquo;Afrique noire. Le pr\u00e9historien\u00a0Andr\u00e9 Leroi-Gourhan\u00a0\u00e9tait son directeur de th\u00e8se, et son jury \u00e9tait pr\u00e9sid\u00e9 par le professeur\u00a0Andr\u00e9 Aymard, alors doyen de la facult\u00e9 des Lettres. La mention honorable lui a \u00e9t\u00e9 attribu\u00e9e. Un reportage sur la soutenance de cette th\u00e8se, qui a dur\u00e9 plusieurs heures, a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9 par le journaliste\u00a0Doudou Ciss\u00e9\u00a0et diffus\u00e9 sur les ondes de la Radiodiffusion d&rsquo;Outre-Mer. On peut aussi se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 l&rsquo;article de Bara Diouf paru dans \u00ab\u00a0La Vie Africaine\u00a0\u00bb, n\u00b0 6, Paris, mars-avril 1960. Sa th\u00e8se de doctorat porte la d\u00e9dicace suivante :\u00a0\u00ab\u00a0A mon Professeur Gaston Bachelard dont l&rsquo;enseignement rationaliste a nourri mon esprit\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.cheikhantadiop.net\/nnc_presse_red.jpg\" alt=\"\" width=\"279\" height=\"253\" \/>La m\u00eame ann\u00e9e, sort la premi\u00e8re \u00e9dition du livre\u00a0Les fondements culturels, techniques et industriels d&rsquo;un futur \u00c9tat f\u00e9d\u00e9ral d&rsquo;Afrique noire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Retour d\u00e9finitif au S\u00e9n\u00e9gal en 1960 : \u00ab\u00a0Je rentre sous peu en Afrique o\u00f9 une lourde t\u00e2che nous attend tous. Dans les limites de mes possibilit\u00e9s et de mes moyens, j&rsquo;esp\u00e8re contribuer efficacement \u00e0 l&rsquo;impulsion de la recherche scientifique dans le domaine des sciences humaines et celui des sciences exactes. Quand \u00e0 l&rsquo;Afrique noire, elle doit se nourrir des fruits de mes recherches \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle continentale. Il ne s&rsquo;agit pas de se cr\u00e9er, de toutes pi\u00e8ces, une histoire plus belle que celle des autres, de mani\u00e8re \u00e0 doper moralement le peuple pendant la p\u00e9riode de lutte pour l&rsquo;ind\u00e9pendance, mais de partir de cette id\u00e9e \u00e9vidente que chaque peuple a une histoire.\u00a0\u00bb (Cheikh Anta Diop, interview\u00a0in\u00a0\u00ab\u00a0La Vie Africaine\u00a0\u00bb, n\u00b06, mars-avril 1960, p. 11).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 1er octobre 1960, il est nomm\u00e9 assistant \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Dakar pour travailler \u00e0 l&rsquo;Institut Fran\u00e7ais d&rsquo;Afrique Noire (IFAN). Il ne lui est confi\u00e9 aucun enseignement en sciences humaines.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il donne plusieurs conf\u00e9rences, relay\u00e9es par la presse :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00ab\u00a0Comment recr\u00e9er, \u00e0 partir d&rsquo;une langue l&rsquo;unit\u00e9 linguistique \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du continent\u00a0?\u00a0\u00bb,<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00ab\u00a0Comment recr\u00e9er, \u00e0 partir d&rsquo;une langue l&rsquo;unit\u00e9 linguistique en Afrique noire\u00a0?\u00a0\u00bb, conf\u00e9rence organis\u00e9e par le Centre R\u00e9gional d&rsquo;Information de Diourbel (S\u00e9n\u00e9gal),<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00a0\u00ab\u00a0Origine et \u00e9volution du monde noir de la pr\u00e9histoire \u00e0 nos jours\u00a0\u00bb, organis\u00e9e sous l&rsquo;\u00e9gide de l&rsquo;Union Culturelle des Enseignants de Dakar, \u00e0 l&rsquo;\u00c9cole Cl\u00e9menceau.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1961\u00a0: Cheikh Anta Diop entreprend de cr\u00e9er un\u00a0laboratoire de datation par le Carbone 14 (radiocarbone) au sein de l&rsquo;IFAN de Dakar\u00a0alors dirig\u00e9 par le professeur\u00a0Th\u00e9odore Monod. De nombreux domaines peuvent b\u00e9n\u00e9ficier de l&rsquo;existence d&rsquo;un tel laboratoire : l&rsquo;arch\u00e9ologie, la pr\u00e9histoire, l&rsquo;histoire, la g\u00e9ologie, la climatologie \u2026 Des relations de travail seront \u00e9tablies entre l&rsquo;IFAN et le CEA fran\u00e7ais (Commissariat \u00e0 l&rsquo;\u00c9nergie Atomique)\/CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique fran\u00e7ais) au travers, entre autres, de\u00a0Jean Le Run, qui avait mont\u00e9 le premier ensemble de datation par le radiocarbone du CNRS \u00e0 Gif-sur-Yvette,\u00a0de Jacques Labeyrie, Directeur du CFR (Centre des Faibles Radioactivit\u00e9s) et\u00a0Georgette Delibrias\u00a0(Directrice du Laboratoire du Radiocarbone du CFR).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Activit\u00e9 politique : Cheikh Anta Diop cr\u00e9e, au S\u00e9n\u00e9gal, un parti politique (le Bloc des Masses S\u00e9n\u00e9galaises, BMS) d&rsquo;opposition au r\u00e9gime en place dirig\u00e9 par le Pr\u00e9sident\u00a0L\u00e9opold S\u00e9dar Senghoret le Premier ministre\u00a0Mamadou Dia. Il en est le Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1962\u00a0: Il dirige la construction des locaux du laboratoire de datation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En raison de son activit\u00e9 politique il est emprisonn\u00e9 de mi-juillet \u00e0 mi-ao\u00fbt 1962 \u00e0 la prison de la ville de Diourbel. Un non-lieu sera finalement prononc\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il r\u00e9alise en septembre de cette ann\u00e9e, avec Jean Le Run, \u00e0 Gif-sur-Yvette, la premi\u00e8re datation de l&rsquo;homme d&rsquo;Asselar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il ach\u00e8ve\u00a0L&rsquo;inventaire arch\u00e9ologique du Mali,\u00a0\u00e9tude\u00a0qui lui avait \u00e9t\u00e9 confi\u00e9e par Th\u00e9odore Monod.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1963\u00a0: Ach\u00e8vement de la construction du laboratoire et d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9quipement des diff\u00e9rentes salles du laboratoire. Par une note de service en date du 17 avril 1963, Th\u00e9odore Monod officialise, au sein du D\u00e9partement d&rsquo;Arch\u00e9ologie et de Pr\u00e9histoire de l&rsquo;IFAN, l&rsquo;existence du \u00ab\u00a0Laboratoire de Datation par le Radiocarbone\u00a0\u00bb dont le responsable est Cheikh Anta Diop.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cheikh Anta Diop refuse les postes minist\u00e9riels qui sont propos\u00e9s par L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor au BMS. Une telle acceptation aurait signifi\u00e9 un renoncement au programme du BMS.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dissolution du BMS, en octobre 1963, par le gouvernement s\u00e9n\u00e9galais. Cheikh Anta Diop cr\u00e9e aussit\u00f4t un autre parti qui sera \u00e0 son tour dissous l&rsquo;ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1965\u00a0: Th\u00e9odore Monod quitte d\u00e9finitivement l&rsquo;IFAN.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1966\u00a0: L&rsquo;ensemble transistoris\u00e9 de comptage de la radioactivit\u00e9, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 test\u00e9 au Centre d&rsquo;\u00c9tudes Nucl\u00e9aires de Saclay (CEA\/CNRS), arrive en juillet au port de Dakar. Cet appareil, destin\u00e9 \u00e0 la datation par le Carbone 14, b\u00e9n\u00e9ficie des plus r\u00e9centes technologies de l&rsquo;\u00e9poque. Dans le cadre des accords de collaboration technique, il a \u00e9t\u00e9 fourni et partiellement financ\u00e9 par le CEA. Le laboratoire de datation commence \u00e0 fonctionner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Une commission du CEA, pr\u00e9sid\u00e9e par Georgette Delibrias, directrice du Laboratoire de Radiocarbone de Gif-sur-Yvette, se rend au S\u00e9n\u00e9gal pour tester, avec succ\u00e8s, les installations du laboratoire de Dakar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cheikh Anta Diop donne \u00e0 la salle de mesure des dates le nom de Th\u00e9odore Monod et le nom de Jean Le Run \u00e0 celle du traitement chimique des \u00e9chantillons, en t\u00e9moignage de reconnaissance \u00e0 l&rsquo;\u00e9minente personnalit\u00e9 scientifique qui a cr\u00e9\u00e9 et dirig\u00e9 l&rsquo;IFAN (jusqu&rsquo;en 1965) et \u00e0 l&rsquo;un des pionniers du \u00ab\u00a0Carbone 14\u00a0\u00bb en France, devenu son ami.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;exception de celui de la Rhod\u00e9sie du Sud, c&rsquo;est, alors, l&rsquo;unique laboratoire de Carbone 14 existant en Afrique noire. Les fondations du laboratoire ont \u00e9t\u00e9 con\u00e7ues pour supporter un \u00e9tage suppl\u00e9mentaire car Cheikh Anta Diop avait envisag\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but du projet de d\u00e9velopper et d&rsquo;\u00e9largir les activit\u00e9s de ce laboratoire qu&rsquo;il consid\u00e9rait comme le noyau, au sud du Sahara, d&rsquo;un futur grand centre africain des faibles radioactivit\u00e9s, devant regrouper \u00e0 terme diff\u00e9rentes m\u00e9thodes de datation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les r\u00e9sultats des datations des \u00e9chantillons arch\u00e9ologiques sont publi\u00e9s dans le\u00a0Bulletin de l&rsquo;IFAN\u00a0et la revue internationale\u00a0Radiocarbon.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il re\u00e7oit avec feu le professeur\u00a0W.E.B. Du Bois, le prix du\u00a01er Festival des Arts N\u00e8gres, r\u00e9compensant l&rsquo;\u00e9crivain qui a exerc\u00e9 la plus grande influence sur la pens\u00e9e n\u00e8gre du XXe si\u00e8cle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1967\u00a0: Parution de\u00a0Ant\u00e9riorit\u00e9 des civilisations n\u00e8gres : mythe ou v\u00e9rit\u00e9 historique ?\u00a0(Pr\u00e9sence Africaine). Cheikh Anta Diop r\u00e9pond \u00e0 l&rsquo;ensemble des critiques qui lui ont \u00e9t\u00e9 faites depuis la parution deNations n\u00e8gres et Culture, en particulier celles exprim\u00e9es par les africanistes\u00a0Raymond Mauny,\u00a0Jean Suret-Canale, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cheikh Anta Diop publie dans le\u00a0Bulletin de l&rsquo;IFAN\u00a0une mise au point intitul\u00e9e\u00a0\u00ab\u00a0A propos de la chronologie\u00a0\u00bb, car il se trouve dans la n\u00e9cessit\u00e9 de r\u00e9agir aux propos tenus par l&rsquo;africaniste\u00a0Robert Cornevin\u00a0dans un article\u00a0\u00ab\u00a0La chronologie, pierre d&rsquo;achoppement de l&rsquo;histoire africaine\u00a0\u00bb, publi\u00e9 dans \u00ab\u00a0Magazine Afrique\u00a0\u00bb (n\u00b060, 1966). Il s&rsquo;agit d&rsquo;une r\u00e9ponse circonstanci\u00e9e aux r\u00e9serves pseudo-scientifiques exprim\u00e9es par l&rsquo;auteur \u00e0 l&rsquo;\u00e9gard de la m\u00e9thode de datation par le Carbone 14. Il faut noter l&rsquo;existence d&rsquo;un climat de m\u00e9disance et d&rsquo;hostilit\u00e9, cr\u00e9\u00e9 par un certain milieu africaniste, autour du laboratoire de datation de Dakar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il est invit\u00e9, en ao\u00fbt \u00e0 Copenhague, \u00e0 un colloque sur\u00a0Humanisme africain &#8211; Culture scandinave, un dialogue.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il participe au\u00a0Congr\u00e8s Panafricain de Pr\u00e9histoire, qui se d\u00e9roule \u00e0 Dakar du 2 au 8 d\u00e9cembre 1967, et pr\u00e9sente aux congressistes l&rsquo;installation et la mise en service du Laboratoire du Radiocarbone de l&rsquo;IFAN.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 11 au 20 d\u00e9cembre 1967, \u00e0 Dakar, il participe au\u00a02\u00e8me Congr\u00e8s international des africanistes, dont il pr\u00e9side la Section VI : \u00ab\u00a0Sciences naturelles et technologie\u00a0\u00bb. Il contribue \u00e0 la r\u00e9daction du\u00a0\u00ab\u00a0Rapport et recommandations sur la recherche scientifique dans le domaine des sciences de la nature et la technologie\u00a0\u00bb\u00a0et soumet une\u00a0\u00ab\u00a0R\u00e9solution sur le p\u00e9ril atomique en Afrique\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1968\u00a0: Parution de l&rsquo;ouvrage :\u00a0Le laboratoire du radiocarbone de l&rsquo;IFAN\u00a0(IFAN, Dakar) qui est un descriptif de l&rsquo;installation mise en place et rassemble les mesures de stabilit\u00e9 des compteurs effectu\u00e9es du 20 d\u00e9cembre 1966 au 30 mai 1967. Il contient \u00e9galement les r\u00e9sultats des premi\u00e8res dates obtenues de trois \u00e9chantillons fournis respectivement par le professeur Th\u00e9odore Monod, le laboratoire de Saclay\/Gif-sur-Yvette et une mission arch\u00e9ologique britannique en Gambie.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1970\u00a0: Cheikh Anta Diop est sollicit\u00e9 officiellement par\u00a0Ren\u00e9 Maheu, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l&rsquo;UNESCO, pour devenir membre du Comit\u00e9 scientifique international pour la r\u00e9daction de l&rsquo;Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Afrique. Le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de ce comit\u00e9 est le B\u00e9ninois\u00a0Maurice Gl\u00e9l\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"http:\/\/www.cheikhantadiop.net\/HGA_couverture_tomeII_red.JPG\" alt=\"\" width=\"166\" height=\"240\" \/>Il participe au colloque\u00a0V. I.\u00a0L\u00e9nine et le d\u00e9veloppement de la science, de la culture et de l&rsquo;\u00e9ducation, organis\u00e9 sous l&rsquo;\u00e9gide de l&rsquo;UNESCO du 6 au 10 avril 1970 \u00e0 Tampere en Finlande.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1971\u00a0: Il est invit\u00e9 \u00e0 Alger au colloque ayant pour th\u00e8me :\u00a0l&rsquo;Unit\u00e9 africaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au\u00a0VIIe Congr\u00e8s Panafricain de Pr\u00e9histoire et des \u00e9tudes du Quaternaire, qui se d\u00e9roule \u00e0 Addis-Abeba en \u00c9thiopie, il expose l&rsquo;ensemble des m\u00e9thodes mises en \u0153uvre au laboratoire de radiocarbone de Dakar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1972\u00a0: Il donne une conf\u00e9rence publique en d\u00e9cembre 1972 au Campus universitaire de Lubumbashi au Za\u00efre (province du Shaba) \u00e0 l&rsquo;issue de laquelle il est port\u00e9 en triomphe par les \u00e9tudiants.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1973\u00a0: Le premier livre de\u00a0Th\u00e9ophile Obenga,\u00a0L&rsquo;Afrique dans l&rsquo;Antiquit\u00e9 \u2014 \u00c9gypte pharaonique\/Afrique noire\u00a0sort aux \u00c9ditions Pr\u00e9sence Africaine. Cheikh Anta Diop en a r\u00e9dig\u00e9 la pr\u00e9face.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1974\u00a0: Parution du livre\u00a0Physique nucl\u00e9aire et chronologie absolue.\u00a0Il s&rsquo;agit d&rsquo;un ouvrage de synth\u00e8se, d\u00e9crivant les diverses m\u00e9thodes de datation d&rsquo;\u00e9chantillons arch\u00e9ologiques et g\u00e9ologiques, en particulier celles du radiocarbone mises en \u0153uvre dans le laboratoire de Dakar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est dans le cadre de la r\u00e9daction de\u00a0l&rsquo;Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Afrique, qu&rsquo;\u00e0 son initiative, se tient au Caire, du 28 janvier au 3 f\u00e9vrier 1974, un colloque international sur\u00a0Le peuplement de l&rsquo;\u00c9gypte ancienne et sur le d\u00e9chiffrement de l&rsquo;\u00e9criture m\u00e9ro\u00eftique,\u00a0qui r\u00e9unissait des \u00e9gyptologues du monde entier, parmi les plus \u00e9minents (cf. compte rendu publi\u00e9 par l&rsquo;UNESCO et dans le volume II de l&rsquo;Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Afrique\u00a0ainsi que dans la revue \u00ab\u00a0Ankh\u00a0\u00bb, n\u00b03, juin 1994).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les d\u00e9bats ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la persistance de d\u00e9saccords importants sur l&rsquo;origine anthropologique des anciens \u00c9gyptiens :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0La conclusion des experts qui n&rsquo;admettaient pas la th\u00e9orie d&rsquo;un peuplement uniforme de la vall\u00e9e du Nil des origines jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;invasion perse, \u00e9nonc\u00e9e par les professeurs Cheikh Anta Diop et Obenga, a \u00e9t\u00e9 que le peuplement de base de l&rsquo;\u00c9gypte s&rsquo;\u00e9tait mis en place au N\u00e9olithique, en grande partie en provenance du Sahara et qu&rsquo;il avait uni des hommes venus du nord et du sud du Sahara et diff\u00e9renci\u00e9s par leur couleur. A cette th\u00e9orie, les professeurs Diop et Obenga ont oppos\u00e9 la leur, qui soulignait l&rsquo;unit\u00e9 du peuplement de la vall\u00e9e par des Noirs et les progr\u00e8s de ce peuplement du sud au nord.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Par contre dans le domaine linguistique, le professeur\u00a0Jean Devisse, rapporteur du colloque, \u00e9crit qu'\u00a0\u00bbun large accord s&rsquo;est \u00e9tabli entre les participants\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Les \u00e9l\u00e9ments apport\u00e9s par les professeurs Diop et Obenga ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme tr\u00e8s constructifs. (\u2026) Plus largement, le professeur Sauneron a soulign\u00e9 l&rsquo;int\u00e9r\u00eat de la m\u00e9thode propos\u00e9e par le professeur Obenga apr\u00e8s le professeur Diop. L&rsquo;\u00c9gypte \u00e9tant plac\u00e9e au point de convergence d&rsquo;influences ext\u00e9rieures, il est normal que des emprunts aient \u00e9t\u00e9 faits \u00e0 des langues \u00e9trang\u00e8res ; mais il s&rsquo;agit de quelques centaines de racines s\u00e9mitiques par rapport \u00e0 plusieurs milliers de mots. L&rsquo;\u00e9gyptien ne peut \u00eatre isol\u00e9 de son contexte africain et le s\u00e9mitique ne rend pas compte de sa naissance ; il est donc l\u00e9gitime de lui trouver des parents ou des cousins en Afrique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La conclusion g\u00e9n\u00e9rale indique que\u00a0\u00ab\u00a0La tr\u00e8s minutieuse pr\u00e9paration des communications des professeurs Cheikh Anta Diop et Obenga n&rsquo;a pas eu, malgr\u00e9 les pr\u00e9cisions contenues dans le document de travail pr\u00e9paratoire envoy\u00e9 par l&rsquo;UNESCO (voir annexe 3), une contrepartie toujours \u00e9gale. Il s&rsquo;en est suivi un v\u00e9ritable d\u00e9s\u00e9quilibre dans les discussions\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce colloque a marqu\u00e9 une \u00e9tape capitale dans l&rsquo;historiographie africaine. Pour la premi\u00e8re fois des experts africains ont confront\u00e9, dans le domaine de l&rsquo;\u00e9gyptologie, les r\u00e9sultats de leurs recherches avec ceux de leurs homologues des autres pays, sous l&rsquo;\u00e9gide de l&rsquo;UNESCO.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La l\u00e9gitimit\u00e9 scientifique de rechercher syst\u00e9matiquement les liens, quels qu&rsquo;ils soient, pouvant exister entre l&rsquo;\u00c9gypte ancienne et le reste de l&rsquo;Afrique noire a \u00e9t\u00e9 reconnue au plan international comme en t\u00e9moignent les recommandations adopt\u00e9es par l&rsquo;ensemble des sp\u00e9cialistes pr\u00e9sents au Caire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le fait que l&rsquo;\u00c9gypte ancienne soit trait\u00e9e dans le cadre de l&rsquo;Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Afrique, ainsi que la r\u00e9daction par Cheikh Anta DIOP dans le Volume II du chapitre I intitul\u00e9\u00a0\u00ab\u00a0L&rsquo;origine des anciens \u00c9gyptiens\u00a0\u00bb(cf. l&rsquo;Histoire g\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Afrique\u00a0op. cit.\u00a0pp. 39-72), constituent deux exemples des retomb\u00e9es directes du colloque du Caire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A la\u00a09e Biennale de la A.S.O.A., Abidjan (C\u00f4te d&rsquo;Ivoire) qui a lieu du 27 mars au 1er avril 1974 et dont le th\u00e8me des d\u00e9bats est :\u00a0\u00ab\u00a0un nouveau mod\u00e8le politique scientifique en Afrique de l&rsquo;Ouest\u00a0\u00bb, il envoie une communication intitul\u00e9e :\u00a0\u00ab\u00a0Perspectives de la recherche scientifique en Afrique\u00a0\u00bb, qui sera pr\u00e9sent\u00e9e par le professeur Souleymane Niang, actuel recteur de l&rsquo;Universit\u00e9 de Dakar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 25 au 30 mars 1974, il participe au\u00a0XXIVe Congr\u00e8s de l&rsquo;Institut International de Sociologie, \u00e0 Alger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1975\u00a0: Aux USA, le 4 avril 1975, l&rsquo;association \u00ab\u00a0The African Heritage Studies Association\u00a0\u00bb lui d\u00e9cerne une plaque comm\u00e9morative pour sa contribution \u00e0 la pr\u00e9servation et au d\u00e9veloppement de la vie et du patrimoine des peuples d&rsquo;origine africaine dans le monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cheikh Anta Diop prononce une conf\u00e9rence sur\u00a0\u00ab\u00a0Les origines africaines de l&rsquo;Humanit\u00e9 et de la civilisation\u00a0\u00bb,\u00a0dans le cadre des r\u00e9unions sur l&rsquo;Histoire G\u00e9n\u00e9rale de l&rsquo;Afrique, qui se sont tenues \u00e0 Cotonou au B\u00e9nin en d\u00e9but septembre 1975 et qui r\u00e9unissaient plusieurs historiens parmi lesquels\u00a0J. Ki-Zerbo, J. Devisse, M. El Fasi, J.F. Ade Adjayi.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 22 novembre 1975, il se rend en Guin\u00e9e, sur invitation de\u00a0S\u00e9kou Tour\u00e9, pour assister, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des d\u00e9l\u00e9gations des pays progressistes, \u00e0 la comm\u00e9moration de la victoire du peuple de Guin\u00e9e sur les forces portugaises qui avaient agress\u00e9 ce pays.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il participe au\u00a02e Congr\u00e8s Ordinaire de l&rsquo;Association des Historiens Africains, Yaound\u00e9 (Cameroun), qui se d\u00e9roule du 16 au 20 d\u00e9cembre 1975.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1976\u00a0: C&rsquo;est l&rsquo;ann\u00e9e de parution de l&rsquo;ouvrage\u00a0L&rsquo;Antiquit\u00e9 africaine par l&rsquo;image\u00a0co-\u00e9dit\u00e9 par les Nouvelles \u00c9ditions Africaines et l&rsquo;IFAN de Dakar.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il participe au\u00a0Symposium Afro-Arabe sur la lib\u00e9ration et le d\u00e9veloppement, qui se tient \u00e0 Khartoum (Soudan) du 7 au 11 janvier 1976.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un Colloque international sur le th\u00e8me\u00a0Afrique noire et Monde m\u00e9diterran\u00e9en dans l&rsquo;Antiquit\u00e9, est organis\u00e9 par le professeur\u00a0Raoul Lonis\u00a0de la Facult\u00e9 des Lettres et Sciences Humaines de Dakar, du 19 au 24 janvier 1976, qui rassemble hell\u00e9nistes, \u00e9gyptologues et sp\u00e9cialistes de l&rsquo;Antiquit\u00e9. Cheikh Anta Diop y donne une conf\u00e9rence dont le titre est\u00a0\u00ab\u00a0\u00c9volution de l&rsquo;humanit\u00e9 de la Pr\u00e9histoire \u00e0 la fin de l&rsquo;Antiquit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Rapporteur de la Conf\u00e9rence r\u00e9gionale sur la coop\u00e9ration technique entre les pays africains, il effectue des missions dans diff\u00e9rents pays africains pour le compte de la Commission \u00c9conomique des Nations Unies pour l&rsquo;Afrique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En septembre 1976, il participe au IXe congr\u00e8s de\u00a0l&rsquo;Union Internationale des Sciences Pr\u00e9historiques et Protohistoriques\u00a0(UISPP) qui se tient \u00e0 Nice, et \u00e0 l&rsquo;issue duquel il est \u00e9lu membre du Bureau de l&rsquo;UISPP.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il cr\u00e9e, le 3 f\u00e9vrier 1976, un nouveau parti politique, le\u00a0RND\u00a0(Rassemblement National D\u00e9mocratique) dont l&rsquo;organe de presse est\u00a0Siggi\u00a0puis\u00a0Taxaw\u00a0et dans lequel Cheikh Anta Diop publiera plusieurs articles concernant la politique int\u00e9rieure s\u00e9n\u00e9galaise, mais aussi la politique internationale, la question de l&rsquo;\u00e9nergie \u00e0 l&rsquo;\u00e9chelle du continent africain, celle des d\u00e9chets toxiques, etc. La loi dite \u00ab\u00a0loi des trois courants\u00a0\u00bb \u2014 socialiste, lib\u00e9ral et marxiste-l\u00e9niniste \u2014 est promulgu\u00e9e le 19 mars 1976 et appliqu\u00e9e de mani\u00e8re r\u00e9troactive dans le but de rendre ill\u00e9gal le RND. Cette loi impose \u00e0 l&rsquo;opposition de se r\u00e9f\u00e9rer explicitement aux trois courants pr\u00e9cit\u00e9s qui devaient d\u00e9sormais r\u00e9glementer la vie politique au S\u00e9n\u00e9gal. Le parti au pouvoir s&rsquo;attribue l&rsquo;\u00e9tiquette socialiste, le Parti D\u00e9mocratique S\u00e9n\u00e9galais (PDS) prend l&rsquo;\u00e9tiquette de parti lib\u00e9ral. Le RND de Cheikh Anta Diop refuse de se plier \u00e0 cette exigence et s&rsquo;engage alors un bras de fer politico-judiciaire entre le gouvernement de Senghor et le RND, qui n&rsquo;aura de cesse de lutter pour sa reconnaissance, pour la d\u00e9fense des acquis d\u00e9mocratiques et le progr\u00e8s de la d\u00e9mocratie au S\u00e9n\u00e9gal.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1977\u00a0: Parution du livre\u00a0Parent\u00e9 g\u00e9n\u00e9tique de l&rsquo;\u00e9gyptien pharaonique et des langues n\u00e9gro-africaines\u00a0o\u00f9 Cheikh Anta Diop syst\u00e9matise en particulier la comparaison linguistique entre l&rsquo;\u00e9gyptien ancien et le wolof, sa langue maternelle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;initiative du RND une p\u00e9tition demandant le retour \u00e0 un multipartisme v\u00e9ritable au S\u00e9n\u00e9gal est sign\u00e9e par plusieurs centaines d&rsquo;intellectuels s\u00e9n\u00e9galais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1978\u00a0: Le 13 mars 1978, le S\u00e9n\u00e9gal perd\u00a0Cheikh Ahmadou M&rsquo;Back\u00e9. \u00c9minent chef spirituel appartenant \u00e0 la confr\u00e9rie musulmane des\u00a0Mourides, c&rsquo;\u00e9tait un homme de principes exceptionnel, d&rsquo;une vaste culture, d&rsquo;une intelligence, d&rsquo;une ouverture d&rsquo;esprit et d&rsquo;une g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 hors du commun, reconnues de tous. Une amiti\u00e9 profonde unissait Cheikh Ahmadou M&rsquo;Back\u00e9 et Cheikh Anta Diop.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1980\u00a0: Il pr\u00e9pare le premier congr\u00e8s de l&rsquo;Association des Chercheurs du Monde noir\u00a0dont il est le pr\u00e9sident.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 25 f\u00e9vrier,\u00a0l&rsquo;Universit\u00e9 nationale du Za\u00efre\u00a0lui d\u00e9cerne la M\u00e9daille d&rsquo;Or de la recherche scientifique africaine et le Grand Prix du M\u00e9rite scientifique africain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1981\u00a0: Il est nomm\u00e9 professeur d&rsquo;histoire associ\u00e9 \u00e0 la Facult\u00e9 des Lettres et Sciences Humaines de Dakar. Vingt-sept ans apr\u00e8s la parution de\u00a0Nations n\u00e8gres et Culture, vingt et un ans apr\u00e8s son doctorat d&rsquo;\u00c9tat, l&rsquo;Universit\u00e9 de Dakar s&rsquo;ouvre enfin \u00e0 son enseignement de l&rsquo;histoire. Il y enseignera en ma\u00eetrise, en DEA et dirigera des th\u00e8ses jusqu&rsquo;\u00e0 sa disparition en 1986.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parution du livre\u00a0Civilisation ou Barbarie \u2014 Anthropologie sans complaisance\u00a0(Pr\u00e9sence Africaine).Ce livre, d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la m\u00e9moire du grand homme de culture,\u00a0Alioune Diop, lui vaudra une distinction\u00a0:\u00a0le Grand Prix Scientifique de l&rsquo;Institut Culturel Africain (ICA).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">En 1980, l&rsquo;UNESCO, alors dirig\u00e9e par\u00a0Amadou Mahtar M&rsquo;Bow, d\u00e9cide d&rsquo;\u00e9crire une nouvelle\u00a0Histoire du d\u00e9veloppement scientifique et culturel de l&rsquo;humanit\u00e9. En 1981, Cheikh Anta Diop figure avec les \u00e9gyptologues\u00a0Th\u00e9ophile Obenga,\u00a0Aboubacry Moussa Lam,\u00a0Babacar Sall\u00a0et les historiens\u00a0Joseph Ki-Zerbo\u00a0et\u00a0Iba Der Thiam\u00a0parmi les sp\u00e9cialistes sollicit\u00e9s. Il fait partie de la commission internationale mise en place pour ce projet dont le premier secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral est l&rsquo;historien\u00a0Alioune Traor\u00e9. Il est en outre d\u00e9sign\u00e9 co-directeur du Volume II (Du troisi\u00e8me mill\u00e9naire au VIIe si\u00e8cle avant J.-C.).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Du 30 mars au 31 avril 1981, \u00e0 Ath\u00e8nes, il participe au colloque\u00a0Racisme, science et pseudo-science, r\u00e9uni par l&rsquo;UNESCO en vue de l&rsquo;examen critique des diff\u00e9rentes th\u00e9ories pseudo-scientifiques invoqu\u00e9es pour justifier le racisme et la discrimination raciale. Sa communication a pour titre\u00a0\u00ab\u00a0L&rsquo;unit\u00e9 d&rsquo;origine de l&rsquo;esp\u00e8ce humaine\u00a0\u00bb. L&rsquo;\u00e9crivain\u00a0Tahar Ben Jelloun\u00a0en rend compte dans le quotidien fran\u00e7ais\u00a0Le Monde. Le c\u00e9l\u00e8bre g\u00e9n\u00e9ticien\u00a0Albert Jacquard\u00a0participait \u00e9galement \u00e0 ce colloque. Les Actes de ce colloque ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s par l&rsquo;UNESCO avec une pr\u00e9face du professeur\u00a0Fran\u00e7ois Jacob, Prix Nobel de M\u00e9decine .<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor\u00a0quitte le pouvoir en d\u00e9cembre 1980. Son successeur est le pr\u00e9sident\u00a0Abdou Diouf. Celui-ci fait voter par l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale une loi supprimant la limitation du multipartisme. Le 7 avril 1981, le Tribunal correctionnel de Dakar met un terme aux poursuites judiciaires engag\u00e9es par le gouvernement s\u00e9n\u00e9galais contre Cheikh Anta Diop. Le 18 juin 1981, le RND de Cheikh Anta Diop est enfin reconnu apr\u00e8s cinq ann\u00e9es d&rsquo;une lutte sans rel\u00e2che.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1982\u00a0: En avril-mai 1982, \u00e0 l&rsquo;initiative des\u00a0\u00c9ditions Sankor\u00e9\u00a0dirig\u00e9es par le linguiste\u00a0Path\u00e9 Diagne, est organis\u00e9 \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Dakar, un symposium sur l&rsquo;ensemble de son \u0153uvre. Cheikh Anta Diop r\u00e9pond de mani\u00e8re approfondie \u00e0 l&rsquo;ensemble du corps universitaire qui a proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 une analyse critique de ses \u00e9crits.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il prononce \u00e0 Alger, le 30 novembre 1982, une conf\u00e9rence intitul\u00e9e\u00a0\u00ab\u00a0Les apports scientifiques et culturels de l&rsquo;Afrique \u00e0 l&rsquo;humanit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a01983\u00a0: R\u00e9pondant \u00e0 l&rsquo;invitation de l&rsquo;\u00e9crivain antillais\u00a0Daniel Maximin\u00a0et d&rsquo;Ernest P\u00e9pin, directeur duCentre d&rsquo;Action Culturelle de la Guadeloupe, il donne plusieurs conf\u00e9rences en Guadeloupe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il pr\u00e9side, \u00e0 l&rsquo;Universit\u00e9 de Dakar, du 7 au 8 juin 1982, le colloque\u00a0Philosophie et Religion, organis\u00e9 par la \u00ab\u00a0Revue s\u00e9n\u00e9galaise de philosophie\u00a0\u00bb. Sa propre communication s&rsquo;intitule \u00ab\u00a0Science et Religion. Les crises majeures de la philosophie contemporaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A l&rsquo;issue des \u00e9lections l\u00e9gislatives, Cheikh Anta Diop refuse de si\u00e9ger \u00e0 l&rsquo;Assembl\u00e9e nationale en raison de l&rsquo;ampleur des fraudes constat\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1984\u00a0: Le 28 avril 1984, dans le cadre de la Semaine culturelle de l&rsquo;\u00c9cole Normale Germaine Legoff \u00e0 Thi\u00e8s au S\u00e9n\u00e9gal, il pr\u00e9sente une communication intitul\u00e9e :\u00a0\u00ab\u00a0L\u00e0mminu r\u00e9ew mi ak g\u00ebstu\u00a0\u00bb\u00a0(Langues nationales et recherche scientifique), dont la transcription a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e par le linguiste\u00a0Aziz Diaw\u00a0et la publication assur\u00e9e par le linguiste\u00a0Y\u00e9ro Sylla, pr\u00e9sident de l&rsquo;Association des Chercheurs S\u00e9n\u00e9galais, dans la revue \u00ab\u00a0Le Chercheur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il donne, du 8 au 13 mai 1984 \u00e0 Niamey au Niger, une s\u00e9rie de conf\u00e9rences \u00e0 l&rsquo;invitation du Gouvernement nig\u00e9rien.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a01985\u00a0: Cheikh Anta Diop est invit\u00e9 \u00e0 Atlanta aux USA ; il est re\u00e7u par le maire d&rsquo;Atlanta\u00a0Andrew Younget par\u00a0l&rsquo;Association Martin Luther King. Il donne plusieurs conf\u00e9rences et interviews. Le 4 avril 1985 est proclam\u00e9 \u00ab\u00a0Dr. Cheikh Anta Diop Day\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 7 juin 1985, il donne une conf\u00e9rence portant sur\u00a0\u00ab\u00a0L&rsquo;importance de l&rsquo;ancienne \u00c9gypte pour les civilisations africaines\u00a0\u00bb, au Centre Georges Pompidou de Beaubourg, \u00e0 Paris, dans le cadre des\u00a0\u00bbJourn\u00e9es des Cultures Africaines 2&Prime;\u00a0organis\u00e9es par l&rsquo;Association Kal\u00e9idoscope et le Service des Affaires Internationales du Minist\u00e8re de la Culture fran\u00e7ais.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1986\u00a0: Du 6 au 9 janvier 1986, \u00e0 Yaound\u00e9, il pr\u00e9side le Colloque sur l&rsquo;Arch\u00e9ologie camerounaise. Il donne, le 8 janvier, dans le Palais des Congr\u00e8s de la capitale camerounaise, sa derni\u00e8re conf\u00e9rence :\u00a0\u00bbLa Nubie, l&rsquo;\u00c9gypte et l&rsquo;Afrique noire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cheikh Anta DIOP d\u00e9c\u00e8de le 7 f\u00e9vrier 1986, \u00e0 son domicile de Fann, quartier situ\u00e9 non loin de l&rsquo;Universit\u00e9 de Dakar qui aujourd&rsquo;hui porte son nom. Il laisse inachev\u00e9 un travail, publi\u00e9 aux \u00c9ditions Pr\u00e9sence Africaine sous le titre\u00a0Nouvelles recherches sur l&rsquo;\u00e9gyptien ancien et les langues n\u00e9gro-africaines modernes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Source:\u00a0<a href=\"http:\/\/www.cheikhantadiop.net\/cheikh_anta_diop_biograph.htm\">http:\/\/www.cheikhantadiop.net\/cheikh_anta_diop_biograph.htm<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour plus de d\u00e9tails sur l&rsquo;oeuvre de Cheikh Anta Diop, pri\u00e8re d&rsquo;\u00e9crire \u00e0:\u00a0<a href=\"mailto:caytu@cheikhantadiop.net\">caytu@cheikhantadiop.net<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cheikh Anta Diop\u00a0est n\u00e9 le 29 d\u00e9cembre 1923 dans le village de\u00a0Caytou\u00a0situ\u00e9 dans la r\u00e9gion deDiourbel\u00a0(en pays Baol-Cayor), pr\u00e8s de la ville de\u00a0Bambey\u00a0\u00e0 environ 150 km de Dakar, au\u00a0S\u00e9n\u00e9gal.\u00a0Son p\u00e8re, (le Jeune)\u00a0Massamba Sassoum Diop\u00a0est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 peu de temps apr\u00e8s sa naissance. Sa m\u00e8re,\u00a0Magatte Diop, v\u00e9cut jusqu&rsquo;en 1984. Cheikh Anta Diop \u00e9pousera en 1953, \u00e0 Paris, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-2354","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-research-center"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2354"}],"collection":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2354"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2354\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2516,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2354\/revisions\/2516"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2354"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2354"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/africa-and-science.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2354"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}