{"id":1113,"date":"2011-11-01T00:57:13","date_gmt":"2011-11-01T00:57:13","guid":{"rendered":"http:\/\/africa-and-science.com\/?p=1113"},"modified":"2012-01-15T00:54:20","modified_gmt":"2012-01-15T00:54:20","slug":"journee-scientifique-africaine-2011-la-magie-africaine-en-debat-a-francfort-allemagne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/africa-and-science.com\/?p=1113","title":{"rendered":"Journ\u00e9e Scientifique Africaine 2011: la magie africaine en d\u00e9bat \u00e0 Francfort (Allemagne)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft\" src=\"https:\/\/africa-and-science.com\/wp-content\/uploads\/2011\/08\/African-Magic-pic-300x215.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"215\" \/>\ufeff\ufeff\ufeff\ufeffC&rsquo;est depuis 7 ans que l&rsquo;organisation panafricaine <strong><span style=\"color: #339966;\">African Development Initiative<\/span><\/strong> organise toujours en Octobre une journ\u00e9e scientifique enti\u00e8rement consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Afrique et aux Africains. \u00c0 chaque \u00e9dition, la participation est toujours \u00e0 son comble, et les d\u00e9abts houleux. L&rsquo;an dernier, le panafricanisme \u00e9tait au centre des d\u00e9bats. Pour l&rsquo;\u00e9dition 2011, outre le grand projet des \u00ab\u00a0\u00c9tat Unis d&rsquo;Afrique\u00a0\u00bb, la magie noire, la sorcellerie africaine, les rites occultes, etc. se sont invit\u00e9s, soumettant les Hommes de sciences pr\u00e9sents \u00e0 des \u00e9changes parfois chauds. Extrait du rapport de la journ\u00e9e du 22 Octobre 2011.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00a0\u00bb\u00a0Mais la journ\u00e9e scientifique africaine n\u2019est pas que le lieu de retrouvaille des d\u00e9fenseurs de notre tradition. L\u2019homme de science devrait normalement analyser avec toute la rigueur de l\u2019art l\u2019impact des traditions africaines sur le processus de d\u00e9veloppement. C\u2019est ce que fait le professeur Joseph AGBAKOBA. Parmi les \u00e9l\u00e9ments de la tradition africaine qu\u2019il consid\u00e8re comme de v\u00e9ritables facteurs de retard figure la forte croyance en la magie. Ce th\u00e8me d\u00e9j\u00e0 abord\u00e9 \u00e0 la journ\u00e9e scientifique 2010 revient, cette fois dans le cadre d\u2019une analyse autocritique de nos valeurs ancestrales. Et c\u2019est l\u2019\u0153uvre de l\u2019auteur Camerounais Etounga Manguelle qui lui sert d\u2019angle d\u2019attaque. L\u2019auteur examine le point de vue d\u2019Etounga Manguelle dans le contexte de la critique qu&rsquo;il a re\u00e7u de l&rsquo;africaniste Cudjoe Henry, et qui lui reproche, entre autres choses, de soutenir un projet raciste deservant les int\u00e9r\u00eats de l\u2019Afrique. Le philosophe originaire du Nig\u00e9ria salue l\u2019initiative de l\u2019auteur Etounga Manguelle qu\u2019il consid\u00e8re comme un pas dans la bonne direction. En effet, comme il fait bien de le rappeler, l\u2019autocritique est peu pr\u00e9sente dans la production litt\u00e9raire et scientifique en Afrique. Il y a donc de quoi louer toute entreprise intellectuelle dont le but serait de jeter un regard critique sur nous et nos fa\u00e7ons d\u2019agir, quitte \u00e0 \u00eatre tax\u00e9 d\u2019europ\u00e9ocentriste. Il partage d\u2019ailleurs la position de Manguelle selon laquelle la culture et les valeurs comptent pour beaucoup dans le sous-d\u00e9veloppement de l&rsquo;Afrique. Toutefois, il estime que Etounga Manguelle ne d\u00e9montre pas de fa\u00e7on convaincante la corr\u00e9lation entre nos croyances (m\u0153urs et coutumes) et l\u2019\u00e9tat actuel de notre continent. L\u2019auteur pr\u00e9sente son point de vue sur le sujet, pointant un droit accusateur sur l\u2019Afrique et ses traditions.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Comme il fallait s\u2019y attendre, l\u2019expos\u00e9 du professeur AGBAKOBA est suivi d\u2019une vive altercation de la part des participants. M\u00eame si nombreux sont ceux qui partagent sont avis, c\u2019est une entreprise particuli\u00e8rement risqu\u00e9 que de critiquer nos valeurs ancestrales et nos fa\u00e7ons d\u2019agir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Contestant la position du professeur AGBAKOBA sur la place de la magie et de l\u2019occulte dans la soci\u00e9t\u00e9 africaine, un intervenant rappelle \u00e0 son intention que la soci\u00e9t\u00e9 occidentale d\u2019aujourd\u2019hui est enti\u00e8rement ceintur\u00e9e par des loges de toutes sortes, et que l\u2019impact des dites loges sur le pouvoir politique n\u2019est plus \u00e0 d\u00e9montrer. En clair, et selon notre intervenant, il n\u2019y a pas qu\u2019en Afrique que l\u2019on vit la r\u00e9alit\u00e9 de l\u2019attachement \u00e0 l\u2019occulte. L\u2019Europe pr\u00e9sente \u00e9galement le profil d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement r\u00e9gie par le magico-religieux, mais qui effectue notoirement des pas vers le progr\u00e8s. De ce fait, pr\u00e9senter le solide attachement des africains au magico-religieux comme une des causes de notre sous d\u00e9veloppement est illogique.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Face \u00e0 cette remarque, la r\u00e9ponse du professeur est simple\u00a0: tout d\u2019abord, que l\u2019\u00e9lite du pouvoir et l\u2019\u00e9lite intellectuelle des soci\u00e9t\u00e9s occidentales d\u2019aujourd\u2019hui soient membres des loges \u00e9sot\u00e9riques n\u2019a rien de si nouveau ni de si sp\u00e9cifique. D\u00e9j\u00e0, les recherches historiques ont prouv\u00e9 que l\u2019\u00e9lite intellectuelle de l\u2019\u00c9gypte antique, les philosophes en l\u2019occurrence, diffusaient un enseignement d\u2019inspiration spiritiste. Rien de si typiquement occidentale si les \u00e9lites du pouvoir sont connect\u00e9s aux \u00ab\u00a0sectes\u00a0\u00bb. Mais, malgr\u00e9 ce fait, il serait inexacte de soutenir que la croyance au magico-religieux a la proportion en Occident qu\u2019en Afrique au sud du Sahara. Le professeur \u00e9voque la r\u00e9currence des crimes rituels dans les \u00c9tats africains qu\u2019il a visit\u00e9s, les ph\u00e9nom\u00e8nes de croyance collective aux forces occultes tant au niveau du pouvoir qu\u2019\u00e0 la base, le recours massif des populations aux tradi-praticiens, etc.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Que la position du professeur AGBAKOBA ait heurt\u00e9 certains participants dans leur fort int\u00e9rieur semble \u00eatre une \u00e9vidence. En effet, le regard critique sur la soci\u00e9t\u00e9 africaine a \u00e9t\u00e9 toujours accompagn\u00e9 de gros risque. Objectivement, il parait exag\u00e9r\u00e9 de comparer une soci\u00e9t\u00e9 profond\u00e9ment ancr\u00e9e sur les valeurs de la la\u00efcit\u00e9 et de la s\u00e9cularit\u00e9 (la soci\u00e9t\u00e9 occidentale) avec une autre enti\u00e8rement embaum\u00e9e par la superpuissance du marabout (l\u2019Afrique au sud du Sahara).\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Source: African Development Initiative.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">NB: <span style=\"color: #0000ff;\">Le rapport complet de la Journ\u00e9e Scientifique Africaine 2011 sera publi\u00e9 la semaine prochaine. <\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\ufeff\ufeff\ufeff\ufeffC&rsquo;est depuis 7 ans que l&rsquo;organisation panafricaine African Development Initiative organise toujours en Octobre une journ\u00e9e scientifique enti\u00e8rement consacr\u00e9e \u00e0 l&rsquo;Afrique et aux Africains. \u00c0 chaque \u00e9dition, la participation est toujours \u00e0 son comble, et les d\u00e9abts houleux. 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