La création d’une banque d’affaires à l’échelle nationale est-elle la solution aux difficultés économiques de l’Afrique?
Hervé MVE, économiste d’origine camerounaise, est affirmatif. Dans un livre intitulé Essai de création d’une banque d’affaires au Cameroun: la Banque de Développement du Cameroun (BDC), livre paru il y a quelques semaines en France, il défend la thèse de la mise sur pied d’une banque d’affaires comme la solution idéale aux difficultés de financement des projets de développement en Afrique. Limitant son analyse au cadre camerounais, l’auteur présente les conséquences positives que produirait cette institution dans le contexte économique actuel. Africa & Science est allé à la rencontre de cet économiste, question de comprendre les raisons de la priorité qu’il accorde à la création d’une banque d’affaires face au grand défi du développement de notre continent.
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Africa & Science : Le Franc Cfa, est-il un instrument gênant pour le décollage économique du Cameroun?
Hervé MVE : OUI. Le FCFA, dans sa configuration actuelle, est un handicap au décollage économique du Cameroun. Car il obéit plus à des convenances politiques plutôt qu’à des performances économiques. Il est en déphasage (voire inexistant) dans les dynamiques monétaires internationales; il n’est pas le reflet d’un marché économique en expansion; il n’intervient pas dans les transactions financières mondiales. En somme, c’est un outil dépassé, désuet pour les acteurs financiers. Par conséquent, il doit disparaitre ou réapparaitre sous un meilleur profil économique.
A. & Sc.: Les relations actuelles entre le Cameroun et les institutions de Bretton Woods sont-elles favorables à la viabilité d’une banque d’affaires constituée de capitaux exclusivement Camerounais?
H. M. : NON. Toutefois, la création d’une banque d’affaires contribuerait à améliorer, mieux, à corriger les apports en financement proposés par les bailleurs de fonds de Bretton Woods, qui apparaissent couteux (dettes, conditionnalités, contraintes, etc.), non compétitifs et parfois inappropriés par rapport au programme de développement économique (efficace et efficient) de tout pays en voie de développement à l’instar du Cameroun. La création d’une banque d’affaires permet(trait) à l’État d’être plus autonome et responsable de ses choix de financement de son essor, ceci en s’appuyant plus sur ses ressources financières et humaines, tout en amenant l’Homme-camerounais(es) – les nationaux tout comme les compatriotes de la diaspora – à prendre une part active dans la mise en œuvre, la réalisation et le CONTROLE de la rentabilité des projets qui bénéficient du financement(capitaux) qu’ils engagent pour leur réalisation.
A. & Sc.: Y a t-il encore un besoin d’une banque d’affaires camerounaise quand nous savons qu’actuellement, il y a plutôt sur-liquidité des banques locales? En d’autres termes, pourquoi pensez-vous que la banque d’affaires soit l’élément clé de la politique économique de demain?
H. M. : La sur-liquidité bancaire au Cameroun est estimée à 600 milliards de FCFA, soit un peu plus d’un milliards de dollars, tandis que les 18 projets structurants évoqués dans le livre requiert environ 23.2 milliards de dollars. Une banque d’affaires (voir son fonctionnement et ses spécificités dans la 2ème partie au chapitre 3) permettrait d’obtenir des capitaux suffisants, à moindre coût et sur une longue durée tout en s’appuyant sur les camerounais(es) eux-mêmes, principaux destinataires de ces projets d’aménagement et d’infrastructures.
Au-delà du financement, la banque d’affaires permettrait un meilleur calibrage des projets à réaliser, l’usage d’une bonne technique et de technologie compétitive afin d’anticiper sur les exigences/demandes à venir pour ainsi arrimer notre politique économique aux standards internationaux. En bref, banque d’affaires = transparence, contrôle de l’information et de l’activité financière, rentabilité des capitaux de tous et par tous.
Interview réalisée par Moses CHI
Référence:
Hervé MVE, Essai de création d’une banque d’affaires au Cameroun: la Banque de Développement du Cameroun (BDC), Lille, 155pages, disponible à:
http://www.thebookedition.com/une-banque-d-affaires-au-cameroun-de-herve-mve-p-97856.html , 27 juin 2013
Les diplômés et Étudiants Maliens de France organisent un forum pour l’emploi le 6 juillet 2013 Postdoctoral Researcher in Experimental Phasing Analysis for macromolecular crystallography
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