Je me souviens ! Du crime contre le peuple Juif aux ténèbres des Lumières

L’Abbé Grégoire, l’apologète de la République, plaida pour eux à l’Assemblée Nationale lors des assises républicaines de 1789. Il le fit par humanisme et par devoir en tant que chrétien, prêtre de l’Église catholique.
Mais, c’était en toute ignorance de ce que l’histoire préparait pour un peuple alors maltraité, humilié, et vomi dans toute l’Europe. En effet, comme l’Abbé Grégoire fait si bien de rappeler aux honorables membres de l’illustre Chambre, « l’Europe a produit quatre cents règlements pour élever entre les chrétiens et les Juifs un mur de séparation. Au lieu de combler l’intervalle qui les sépare, on s’est plu à l’agrandir, en fermant à ceux-ci toutes les avenues du temple de l’honneur. Punis avec une partialité féroce pour des délits légers, en Allemagne, en Suisse, on les pendait par les pieds à côté d’un chien, qui est le symbole de la fidélité, car les hommes ont toujours été plus habiles à tourmenter les criminels qu’à prévenir les crimes ». Et l’avocat ajoute au registre des humiliations dont on affuble ce peuple de refugiés : « Avant les lettres patentes de 1784 les Juifs d’Alsace étaient encore soumis aux mêmes péages que les animaux auxquels ils répugnaient le plus par principes religieux, et comme si on voulait reprocher au créateur d’avoir formé les enfants d’Abraham à son image, aujourd’hui même on attache à leur figure un distinctif flétrissant, en singularisant leur costume ».
Plaidant pourtant ainsi sur l’autel des Lumières plus que jamais flamboyantes, l’on se serait attendu à ce que la révolution intellectuelle qui a mis un terme à la féodalité et instauré la République apporte aussi à ce peuple historiquement martyrisé, la clémence des droits de l’homme. Que non! Et l’Abbé Gregoire de constater : « À la honte de notre siècle le nom Juif est encore un opprobre, et très souvent des disciples du maître le plus charitable insultent à des malheureux, dont le crime est d’être Juif, et qui rampent sur nos routes couverts des lambeaux de la pauvreté ».
Partout en Occident, les Hommes devinrent des Citoyens, sans pour autant que rien ne change sur le sort d’un peuple dont le sens civisme est pourtant reconnu. Le paradoxe est frappant et écœurant : « Dans ce siècle qui se qualifie par excellence le siècle des lumières, qui se vante de rendre à l’homme ses droits et sa dignité première, c’est toujours à mes yeux un phénomène moral de voir quelquefois ceux qui parlent le plus de tolérance faire une exception éclatante contre les Juifs, souvent sans avoir de notion précise sur la tolérance, sans avoir même discerné les diverses acceptions de ce terme ».
L’Abbé Gregoire, avocat d’une cause noble, ne manque pas dans son plaidoyer, de mentionner d’innombrables faits d’arme de bravoure républicaine dont font quotidiennement montre les descendants d’Abraham. Peine perdue!
Entre 1939 et 1945, Adolph Hitler et compagnie, en dignes héritiers des Lumières, crurent utile de parachever le travail de ségrégation sociale que leurs ancêtres n’avaient pas pu ou su parfaitement accomplir.
Ténèbres, comme tu nous tiens! Aujourd’hui, je me souviens, je me souviens, je me souviens. Je me souviens Auschwitz-Birkenau, et je pleure. Moi qui ne suis pas Juif, mais tout simplement Humain. Je pleure, je pleure, je pleure.
Moses CH.
Pour le texte complet de la plaidoirie de l’Abbé Grégoire, voir :
Josiane Boulad-Ayoub,L’abbé Grégoire apologète de la République, Collection «Les Dix-Huitièmes Siècles», Paris, Honoré Champion, 2005, 254 p.
Ce livre est également disponible à :
http://classiques.uqac.ca/contemporains/boulad_ajoub_josiane/abbe_gregoire/Abbe_Gregoire.pdf, 15 Janvier 2013
African Guest Researchers’ Scholarship Programme at the Nordic Africa Institute (Sweden) Sinaï: Les Africains victimes d’un vaste réseau de trafic d’organes humains
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