Education prénuptiale, matrimoniale et familiale: La Famille africaine en débat
C’est sans doute un truisme, une évidence de dire que la famille est le « premier système social » par lequel le jeune enfant acquiert et développe des compétences cognitives et sociales. A l’UNICEF, on dira que c’est dans la famille que l’enfant prend le départ pour sa vie. De manière concertée, Thin Daniel (2008) affirme que « (…) la famille est une instance centrale de socialisation et que les pratiques éducatives familiales contribuent de façon décisive à la socialisation des individus. » Par conséquent, la différence constatée au niveau de la typologie de familles, n’est pas, au premier abord, un obstacle ou une entrave à cette réalité. L’acquisition des savoirs, des savoir-faire et des savoirs êtres passe indubitablement par le créneau de l’éducation sous ses formes les plus variées. Au regard du titre de notre causerie, nous pouvons questionner si les acteurs premiers de l’espace familial, indépendamment de leurs statuts socioprofessionnels et degrés d’occupation, jouent-ils encore réellement leur rôle dans le contexte actuel ?
1. Qu’est ce que la famille ?
Sur le plan littéraire, le dictionnaire Le Larousse (2009) définit la famille comme l’ensemble formé par le père, la mère (ou par l’un des deux) et les enfants. La famille nucléaire ou conjugale, quant à elle, s’entend comme le groupe domestique réunissant au même foyer uniquement le père, la mère et les enfants non mariés.
Les autres considérations issues des recherches scientifiques voient la famille, entre autres comme :
– le « premier système social » par lequel le jeune enfant acquiert et développe des compétences cognitives et sociales (Feyfant, 2011) ;
– la famille est le cadre principal de l’apprentissage social et comportemental (Diop, 2005)
– « le lieu privilégié où organiser la lutte contre le fatalisme de la destinée humaine, pour que l’ensemble de la collectivité atteigne le miex-vivre auquel toute personne est en droit d’aspirer » ; Pourtois, Desmet, Lahaye (2004 : 23)
– la famille est un lien véritable et naturel que l’homme ne peut s’en passer outre. Si l’on observe aujourd’hui la désintégration de ce lien et sa médiocrité par rapport au passé, alors notre responsabilité est grande. (Yazigi : 2004) ;
– C’est dans la famille que se constitue tout d’abord l’identité sexuée, (Mosconi, 2004).
– le dépositaire de la première éducation de l’enfant en tant que droit divin, un droit « sacerdotal » (Père Marie-Dominique Philippe : 1977) ;
- 2. l’offre éducationnelle dans la famille
L’éducation, indépendamment du vocable qui l’accompagne, renvoie à l’action d’éduquer, de former, d’instruire quelqu’un. Parce que c’est là que l’enfant passe l’essentiel de sa vie jusqu’à l’âge adulte-nonobstant ses sorties conventionnelles scolaire, religieuse, professionnelle, politique, etc.- l’éducation familiale est par essence, celle qui participe à la construction du développement cognitif, social et psychologique de l’être. Certes, l’on caractérise celle-ci et la différencie de l’éducation scolaire, jugé formelle par son caractère informel.
Par éducation familiale (EF), il faut entendre au sens étroit : une activité sociale à caractère psycho-socio-pédagogique mise en œuvre par les parents (Pellissier, 1996-1997). Au sens élargi, elle désigne un champ d’interventions sociales. En tant qu’activité parentale, l’EF c’est l’action d’élever et d’éduquer les enfants en vue de leur insertion progressive et réussie dans la société en général, mais surtout dans le mariage, la famille, le travail, etc.
En clair, la famille offre donc, pour la construction de la personnalité de l’individu qui se trouve être son objet d’éducation, une gamme éducative très variée.
Dès la naissance, l’enfant appartient à ses parents qui lui donnent en prime, l’éducation familiale. Puis, selon que les parents aient une obédience religieuse avérée, ils sont encore les premiers éducateurs avant les prêtres en ce sens qu’ils sont ceux que le Saint-Esprit a choisis. Cela est d’ailleurs logique car, l’éducation qui incombe aux parents est plus délicate que celle les autres acteurs sociaux assurent (ministres de culte, enseignants, personnels sociaux). La raison est fort simple : les enfants, étant les plus petits -dont immatures, vulnérables-, ont moins d’initiatives, peuvent difficilement s’exprimer ce qu’ils sentent. De ce qui précède, on remarque véritablement que l’éducation a pour principaux éducateurs ou acteurs éducatifs, une gamme variée également.
- 3. Des éducateurs familiaux
Nous faisons ici, une évocation générale avant de nous appesantir sur la responsabilité des parents (Père et Mère) qui en sont les acteurs centraux.
Sur le plan légitime
Biologiquement, les éducateurs familiaux par essence sont effectivement le père géniteur et la mère génitrice. C’est eux deux qui sont à la base de la conception du projet familier qui voit arriver au milieu d’eux, les enfants. Dans un tel constat, on a à faire à la famille idéale consacrant la triade familiale conventionnelle Père-Mère-Enfants. Sauf cas d’incapacité notoire constatée ou avérée, l’enfant peut se voir confier à quelqu’un d’autre, sans qu’il en soit le parent biologique. C’est ici qu’apparait les autres acteurs sociaux.
Sur le plan social
A ce niveau, nous signalons qu’une distinction existe encore. Il s’agit du cadre social communautaire et le cadre social professionnel.
Parlant du cadre social communautaire, nous pouvons citer les oncles, tantes, grands parents, tuteurs. C’est le lieu d’invoquer la famille africaine dans son sens premier du terme. L’enfant dans une telle situation vit la profusion en matière éducationnelle car l’offre actantielle est diversifiée, riche, variée et considérable. Une telle disposition permet de célébrer le vieil adage qui stipule que « l’enfant n’appartient pas aux parents géniteurs, mais l’enfant appartient à la communauté ou à toute personne qui l’élève. »
Le cadre social professionnel dont il est question ici, fait intervenir les acteurs sociaux formés dans les institutions sociales avérées. C’est le cas des assistants sociaux du Minas, du Minproff. Ils suppléent aux carences parentales dans le cas de la désintégration du noyau familial basique.
Sur le plan légal
Il arrive le plus souvent que l’enfant soit complètement déconnecté des chances de vivre avec ses parents pour des raisons diverses. La loi, constatant le déficit va donc se mettre en branle pour offrir une deuxième chance à l’enfant. C’est le cas des placements en famille des enfants. Ceci se fait par l’au truchement de l’adoption légale.
En faisant une halte sur notre thématique qui circonscrit trois formes ou exemples d’éducation à savoir : matrimoniale, familiale et matrimoniale, nous supposons que vous conviendrez avec nous de l’ampleur du problème au regard de ce qui se fait dans notre société aujourd’hui. En effet, revenir sur l’éducation prénuptiale, matrimoniale et familiale témoigne du fait qu’il y a effectivement péril dans la demeure, tant les comportements affichés par les uns et les autres semblent refléter les réalités des familles dont sont issus les acteurs desdits comportements, en bien ou en mal. Ne dit on pas avec John Broadus Watson (père fondateur de la psychologie moderne) que la situation conditionnant la vie d’un enfant détermine son avenir ; Freud (psychanalyste) disait fort bien que les premières années déterminent et influencent la vie adulte.
Des styles éducatifs des parents
Dans l’univers familial, les parents occupent des statuts (Position ou caractéristique sociale susceptibles de préciser la condition ou le rang d’un individu par rapport aux autres dans un groupe ou une société donnée) qui leur confèrent des rôles (ensemble de comportements associés à un statut et attendus réciproquement par les acteurs sociaux).
Quelque soit le nombre de statuts que puis occuper un parent (fonctionnaire, politicien, élu local…) il ne doit jamais perdre de vue sa responsabilité parentale dans l’éducation de ses enfants. Ceci est d’ailleurs vrai dans la mesure où, le mariage est le lieu de chute du jeune enfant dans son avenir tout comme l’est la famille. En effet, l’enfant sort d’une famille pour aller fonder sa famille. Dans la société traditionnelle, l’éducation des enfants a toujours été une chose partagée et conforme au sexe. Les garçons recevaient les attributs d’homme de la part des hommes et vice versa pour les filles. A cet effet, le salon était le lieu du garçon alors que la fille se façonnait dans la cuisine. On a parlé d’éducation sexiste. Le mérite de cette forme d’éducation était la reconnaissance que chaque statut avait de son rôle à jouer. Une autre particularité de cette éducation était le caractère coercitif mieux, une cruauté de la punition.
Sommes-nous en droit de croire que les choses soient profondément différentes de nos jours ? Pour répondre à cette question, nous citons les formes ou styles éducatifs qu’utilisent les parents.
Le style « permissif » : il se caractérise par un contrôle faible mais un soutien élevé qui pourrait être rapproché du « style contractualiste » ;
Le style « autoritariste » : ici, il y a un contrôle élevé et un soutien faible. Plus exactement, l’on note l’importance donnée aux valeurs d’accommodation, contrôle coercitif des parents, rôles homme/femme différenciés, grande distance entre parents et enfants, grande réserve envers des agents externes de socialisation.
Le style « autoritaire ou structurant » qui prend la forme d’un contrôle et d’un soutien élevés, s’apparente au « style maternaliste » qui accorde la priorité à la conformité. En effet, le contrôle est direct, distinction entre père et mère, faible ouverture à l’extérieur mais proximité parents/enfants.
on peut également ajouter à ces trois styles éducatifs, les types d’autorité communément cités en matière de pouvoir.
Le pouvoir autocratique : il se caractérise par une autorité à sens unique où tout ce que dit le parent doit être obligatoirement exécuté par l’enfant. Dans les familles où ce genre de pouvoir est pratiqué, les parents qui en incarnent la personnalité sont affublés de noms précis : le baron, Margaret Thatcher, le lion, le vieux, la lionne, la panthère…Les relations entre parents et enfants sont essentiellement frondeuses, conflictuelles et les cassures sont non cicatrisables. Ici, le parent est le commandant, le concepteur et l’enfant l’exécutant, un simple sujet obéissant.
Le pouvoir démocratique : il se caractérise par l’écoute de l’autre et surtout par la prise en compte du point de vue de l’enfant avant toute prise de décision. Le droit d’aînesse brandi comme épouvantail dans le pouvoir autocratique est fortement dilué dans celui démocratique. Les familles qui évoluent ainsi portent fièrement le pseudonyme de « parlement ». les relations sont harmonieuses, empruntes de convivialité car le parent et l’enfant sont tous des négociateurs, des parlementaires.
Le pouvoir laisser-faire : c’est un pouvoir en dérive, qui ne consacre pas facilement le statut du chef ni celui de soumis. C’est le règne du fourre-tout. En clair, c’est une attitude qui consiste à ne point intervenir. De telles familles portent fièrement le nom de « cours du Roi Peteau ». Entre les parents et les enfants, il y a une nette impression d’inversion des rôles.
Nous pouvons dire, au regard de ce qui précède que toute analyse des comportements des enfants devenus adultes, doit chercher à déceler le style éducatif ayant façonné la vie infantile de l’individu, homme ou femme.
L’article complet est disponible au lien suivant: Article -Education prénuptiale- Par Gustave Georges MBOE- 2012
Auteur: Gustave Georges MBOE, Psychologue, Enseignant-Chercheur (ATER) à l’UY1, au CSSS-UCAC, au CRADAT et au CODEV IIM Contacts : GSM : +00237 94 80 67 78 ; 77 65 38 67 E-mail : mboegeorges@yahoo.fr; georgesberthold4@gmail.com Image: Une photo de la Famille du Président américain Barack Obama. Source: http://www.laviedesidees.frCall for Abstracts – MDGs: Achievement, Economic Growth and Social Activism Media and Democracy: A weekend on methods and means of mobilization
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