18 000 milliards de Francs CFA transférés en Afrique par la diaspora en 2010? Des chiffres qui mentent !
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L’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) vient de publier son rapport annuel 2011 dans lequel elle annonce que les Africains de la diaspora ont transféré 18 000 milliards de Franc Cfa en Afrique en 2010, soit environ 40 milliards $US (1). Il est devenu très habituel pour les institutions internationales et les bailleurs de fonds de présenter la migration internationale comme un moyen de lutte contre la pauvreté. La grande surprise est le commentaire que les medias de masse des États en développement en font, au point de devenir de véritables colporteurs d’informations dépourvues de tout fondement scientifique. Pourtant, il est aujourd’hui clairement établi que la migration internationale, du fait des politiques migratoires des États de l’hémisphère nord d’une part, et de l’attitude des Africains de la diaspora d’autre part, ont plutôt un effet négatif sur les États en développement.
Alors, la diaspora contribue-t-elle au développement de l’Afrique? La réponse est définitivement la négative. Et il serait malhonnête et intentionnellement criminel pour tout homme de science d’affirmer le contraire. Car en réalité, la diaspora africaine dans sa structure actuelle et son mode de fonctionnement contribue plutôt au sous-développement de l’Afrique. Une étude publiée en 2010 le démontre clairement (1).
Que cachent les 18 000 milliards de Franc Cfa transférés en Afrique par la diaspora? Ils cachent les hôpitaux d’Afrique vidés de leurs médecins et infirmiers ; ils cachent les universités africaines vidées de leurs enseignants et chercheurs. Ils cachent une société civile africaine vidée de ses journalistes et activistes critiques et contestataires. Les 18 milliards de francs Cfa brandis en trophée cachent enfin de compte les vraies données de l’apport de la diaspora africaines à la construction des navettes spatiale américaines, des avions des compagnies Airbus et Boeing. Ils occultent d’une fumée épaisse l’apport des universitaires africains au rayonnement des humanités et des sciences sociales dans les universités américaines et européennes. La African Studies Association a récemment attribué une distinction honorifique de très haute estime à l’universitaire Nigérian Toyin Falola, qui est professeur à l’Université du Texas (USA) où il déverse tout son savoir, un précieux savoir qu’on ne saurait remplacer par les maigres billets de dollars (dévalués) que Mr. Folola envoie éventuellement à sa famille basée au Nigeria. Afin de davantage mettre en lumière le rôle occulte que jouent les chiffres dans la migration internationale, nous publions ci-après une vidéo fort intéressante datant de 2010 sur l’impact de la politique migratoire des États-Unis sur les États en développement. Les remarques de l’auteur Roy Beck sont extrapolables à bien d’autres États d’accueil de migrants:
(1) Source: « Etat De La Migration Dans Le Monde 2011 – Bien Communiquer Sur La Migration », p, 63, disponible à: http://publications.iom.int/bookstore/free/WMR2011_French.pdf, 02.01.2012
(2) Jamfa, Leonard. „Der Beitrag der Afrikaner der Diaspora zur Unterentwicklung ihres Heimatlande am Beispiel der Kameruner im Raum Frankfurt am Main“, in: Afrika & Wissenschaft, Band 1, Heft 4, Frankfurt am Main, Sept. 2010, pp. 16-34
Auteur: Moses Chiadjeu Africa & ScienceFor Africa Students: Internship at the World Bank Études Africaines au Canada: Congrès Annuel du 2 au 4 Mai 2012 à l’Université Laval (Québec)
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