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Nr. 00238- March 12th. 2019 – Weekly Newspaper devoted to Science & Technology in Africa ** Pour la promotion de l'esprit scientifique en Afrique

La recherche scientifique: le cadet des soucis des gouvernements africains

Dans notre parution du 7 Juin dernier, nous évoquions l’institutionnalisation tardive d’un budget pour la recherche au Maroc. La situation paraissait alarmante, malgré les progrès visibles de la recherche scientifique dans ce pays. En guise d’illustration, une université marocaine occupe la 15ème place au classement des 100 premières universités africaines en 2011.

Cette semaine, nous nous intéressons à la place qu’occupe la recherche dans la politique universitaire du Sénégal, un pays également bien coté au classement 2011. En focalisant notre regard principalement sur l’université Cheikh Anta Diop de Dakar qui est la première institution universitaire du Sénégal et qui occupe le 24ème rang au classement 2011, nous nous rendons compte de la place marginale qu’occupe la recherche dans les allocations gouvernementales: environ 4% du budget. La grande partie de l’enveloppe budgétaire sert essentiellement au financement des salaires du personnel, comme l’indique le texte que nous publions ci-après. Dans de telles conditions, est-il seulement possible d’envisager le développement ?

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L’Université Cheikh Anta Diop (UCAD) présentée par le Professeur ABDOUL KARIM NDOYE

Monsieur le Président,
Mesdames, Messieurs,

Je voudrais d’abord m’acquitter d’une fonction affective positive, en remerciant l’AUF et l’ACU de nous avoir invités à participer à ce séminaire sur le thème : « comprendre et définir la gouvernance de l’enseignement Supérieur » ; ensuite m’excuser des retards que j’ai eus en raison de problèmes de communication, et qui m’ont empêché de participer à la séance d’hier sur les problèmes de gouvernance dans les universités anglophones.

Ceci étant, pour parler des problèmes de gouvernance à l’Université de Cheik Anta Diop de Dakar, je voudrais rappeler quelques éléments statistiques et ensuite, structurer ma «communication » en considérant les structures  universitaires et les structures politiques. En quelques chiffres, l’Université de Dakar est née en mars 1957. Elle a donc aujourd’hui 53 ans. Elle a environ 56 800 étudiants.Ces chiffres ont diminué depuis deux ou trois ans, puisque nous étions à Soixante mille quatre-vingt trois, il y a deux ans. Mais l’ouverture, en 2008 de trois nouvelles Universités a
fait que nous sommes, aujourd’hui, par rapport à notre carte universitaire, en phase de reflux du nombre d’étudiants, encadrés par mille cent quarante-sept professeurs, tous rangs confondus, sans compter les Vacataires et mile deux cents personnels administratifs techniques et de services. Cette Université est une Université publique.

Au niveau politique, nous avons un Ministère de l’enseignement supérieur, depuis maintenant un an et demi, car avant, c’était le Ministère de l’éducation nationale qui prenait en charge l’ensemble du système, de la Maternelle jusqu’à l’enseignement supérieur. Le système sénégalais est en 6/4/3/4, c’est-à-dire que vous avez six ans d’enseignement élémentaire, quatre ans d’enseignement moyen, trois ans d’enseignement secondaire et puis cinq, voire huit ans d’enseignement supérieur.

En-dessous du Ministère de l’enseignement supérieur, il y a la Direction de l’enseignement supérieur, qui gère à la fois les Universités publiques et les Universités privées, donc l’ensemble de ce qu’on peut appeler le domaine de l’enseignement supérieur. Au niveau politique donc, c’est le gouvernement sénégalais qui donne une subvention d’Etat à cette Université, de l’ordre de vingt-deux milliards de Fcfa par an. Cette subvention d’Etat, malheureusement, en raison de problèmes de gouvernance est consommée jusqu’à environ quatre-vingt-seize pour cents pour les salaires, de sorte que reste, en gros, 4% de cette somme pour pouvoir faire l’enseignement et peut-être la recherche. Donc nous avons à peu près les mêmes problèmes de déséquilibre qu’avec certaines Universités françaises, où l’enseignement prend le pas sur la recherche…

NB: Le texte ci-dessus publié est l’extrait d’une communication faite par le Professeur ABDOUL KARIM NDOYE en 2010 dans le cadre des activités de L’Institut Panafricain  de la Gouvernance Universitaire (IPAGU).

Dans notre prochaine édition, nous voyagerons au cœur du système universitaire camerounais, toujours avec le même souci : connaitre la place de la recherche scientifique dans la politique universitaire du gouvernement en place.

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